Lunettes IA connectées : des promesses qui se concrétisent
Après le flop de ses ‘Google glasses’, au design pourtant très étudié, le géant du web annonce son retour ; ce qui cautionne Meta bien installé avec ses Ray-Ban, même si l’affichage vidéo dans les lunettes n’arrivera qu’au début 2026. Entretemps, la concurrence est déjà bien présente.
Les lunettes connectées (ou ‘smart glasses’ devenues IA) sont de plus en plus crédibles. Historiquement, on se souvient en 2013 et 2014 du ratage des ‘Google glasses’ pourtant fortement médiatisées à leur lancement. Leur design était au ‘top’ mais les fonctionnalités et les applications n’étaient pas au rendez-vous face aux performances des casques spatiaux VR ou AR ou XR (réalité virtuelle, augmentée : cf. Galaxy XR de Samsung, Quest 3S de Meta ou Vision Pro d’Apple…) qui ont trouvé certains marchés de niche, à la fois professionnel, culturel, évènementiel (cf. les musées).
Trois grandes familles
Le nouveau marché des lunettes connectées se structure aujourd’hui autour de trois familles principales :
1. les lunettes connectées « audio IA », sans affichage vidéo AR, servant seulement d’assistant vocal, permettant d’écouter de la musique - équivalent à des kits oreillettes, avec connexion sans fil à des smartphones, y compris pour des malentendants ; certains modèles disposent d’une reconnaissance visuelle légère, des commandes IA en mains libres ; leur prix se situe entre 20 et 200 € ;
2. Pour le grand public, des lunettes avec écran virtuel AR, offrent la possibilité de visualiser des vidéos, films et avec interface IA à l’œil et fonctionnalités associées (notifications, navigation, traduction, applications IA intégrées en surimpression…) ; et, de plus en plus, s’y ajoute une caméra ; leur prix varie entre 300 et 1 500 €, les plus chères bénéficiant d’un rajout de divers capteurs : ‘tracking’, affichage plus immersif, etc.
3. Celles en haut de gamme (AR/XR, affichage d’informations sur le monde réel et expériences immersives complètes) visent les professionnels ; leur tarif atteint les 3 000 € ; elles sont dotées de capteurs avancés, d’une grande surface d’affichage, de champs de vision larges - des applications souvent en mains libres, partiellement validées par les casques VR, comme les HoloLens de Microsoft (qui ne sont plus fabriqués), et destinées à la formation, la maintenance en superposition ou à distance, la fabrication, des interventions chirurgicales, etc..
Des annonces pour… 2026
Chez Apple, il est vraisemblable que le programme de casques AR/XR Vision Pro 2 soit remisé au profit de « AI smart glasses ». Un premier prototype de lunettes n’a pas donné satisfaction ; rendez-vous est donné à fin 2026 ou début 2027.
Le créneau le plus en vogue aujourd’hui est donc celui emblématique, lancé fin 2023, des Ray-Ban Meta, issus d’un partenariat entre Essilor-Luxoticca et Meta Platforms (Facebook, WhatsApp, Instagram). Le premier modèle était IA + audio avec caméra (12MP), apportant du streaming direct (vers Facebook, Instagram), mais sans écran AR (cf. Wayfarer). Les nouveaux modèles Oakley sortis pour les fêtes de fin d’année (à partir de 490 €) visent les sportifs. Mais le modèle attendu, avec écran (AR), est le Display (début 2026, annoncé à 800 $, avec son bracelet de commande).
Google prépare, également pour 2026, deux modèles de lunettes intelligentes qui seront dotées de son IA Gemini : l’une en entrée de gamme destinée à l’assistance vocale et contextuelle sera dépourvue d’affichage intégré (cf. catégorie 1) ; l’autre du type AR, dotée d’une caméra, affichera, à la demande, des données, images, vidéos (pour la navigation, traduction, mise en contexte visuelle : « donne-moi des informations sur ce monument », etc.). Tous les traitements s’effectueront sur le smartphone connecté sans fil. Les deux, ont été développées en partenariat, entre autres, avec Samsung et des lunetiers (Gentle Monster et Warby Parker) ; elles utiliseront la plateforme AR/XR de Google, sous Android. Il est également question de « mini-afficheurs » (écrans miniatures ou mini-fenêtres numériques s’affichant dans les lunettes). Une petite LED signalera que l’on est connecté. Leur prix se situerait entre 600 et 800 $.
Une offre déjà consistante
Sur ce créneau, commence à exister un choix consistant, comme les XReal One, XReal Air 2 Pro (environ 500 €) ou Viture XR Luma Pro, ou encore les RayNeo Air 3S. Chez Lenovo, les Glasses Gen 2 Legion, sont connectables, comme d’autres, à un PC ou une console vidéo. Les modèles de haut de gamme permettent d’afficher jusqu’à trois écrans virtuels de grande taille, équivalent à un écran de projection de 5 à 7 mètres ! Beaucoup d’utilisateurs s’en servent lorsqu’ils sont en voyage, dans le train ou dans l’avion, lorsqu’ils travaillent notamment sur des données confidentielles et pour regarder des films… Avec des commandes rapides.
Mais attention à la fatigue oculaire, et mentale, même si elle serait deux fois moindre que celle provoquée par un casque VR. Des études l’INRS ( santé et sécurité au travail) et de l’ANSES ( sécurité sanitaire) alertent sur les risques liés à une utilisation longue et au syndrome de « double attention ». Il est recommandé de faire des pauses toutes les 20 minutes en fixant un point à plusieurs mètres.