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Économie

Normandie : Entre résilience et espoir, la CCI publie son nouveau baromètre des affaires

Derrière les courbes et les pourcentages du dernier baromètre de la CCI Rouen Métropole, se dessine un panorama contrasté de l’économie normande. Entre un second semestre 2025 marqué par une prudence forcée et une année 2026 qui s'ouvre sur un souffle d'optimisme, les chefs d'entreprise normands naviguent à vue, mais avec une détermination renouvelée.

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L'économie de la métropole rouennaise a marqué un coup de frein au second semestre 2025, plombée par l'incertitude politique et une demande atone. Si les indicateurs comptables se sont dégradés, la nouvelle année sème toutefois les graines d'un optimisme prudent chez les dirigeants.

L'attentisme a été le maître-mot de 2025. La consommation des ménages et l'investissement des entreprises ont manqué de dynamisme, exerçant une pression sur les équilibres financiers. Seulement 22 % des entreprises ont vu leur activité s'améliorer au second semestre, tandis que 44 % l'ont jugée moins favorable. Cette dégradation s'est accompagnée d'un recul général des chiffres d'affaires, des marges et de la trésorerie. La baisse de la demande est pointée du doigt comme la principale difficulté, citée par 46 % des dirigeants. Les coûts élevés, notamment des matières premières (30 %) et de l'énergie (24 %), persistent également comme facteurs de fragilisation.

De l'optimisme dieppois à l'incertitude rouennaise

Si les coûts de l'énergie demeurent une préoccupation majeure pour 24 % des patrons, la majorité (77 %) a fait le choix de maintenir ses effectifs malgré la dégradation de l'activité. Les indicateurs varient cependant selon les zones géographiques : Dieppe enregistre une hausse de la confiance de 6 points, tandis qu'à Elbeuf, une entreprise sur deux déclare une baisse d'activité dans un climat d'incertitude croissant (+10 points). À Rouen, cette tendance se traduit par un recul net des investissements, les chefs d'entreprise privilégiant une stratégie d'attente face aux perspectives économiques actuelles.

Le défi de la transmission d'entreprise

Parallèlement, la cession-transmission d'entreprise demeure un enjeu majeur et souvent peu anticipé. Seuls 33 % des dirigeants ont déjà envisagé cette étape. Le manque de repreneurs (32 %) et la complexité administrative (21 %) figurent parmi les principaux freins identifiés.

Malgré le bilan morose de 2025, un vent de changement se lève. Aujourd'hui, un dirigeant sur deux regarde le premier semestre 2026 avec confiance. Ce n'est pas un optimisme aveugle, mais une volonté farouche de transformer l'essai et de voir enfin la consommation repartir.