Emmanuel Macron doit officialiser ce mardi 10 février chez ArcelorMittal à Dunkerque des investissements présentés comme massifs dans la décarbonation du premier producteur d'acier en France, dont l'Elysée estime qu'ils participeront à assurer l'avenir de cette filière stratégique mais en difficulté.
Selon la CGT, le groupe doit confirmer la construction sur le site dunkerquois d'un four électrique. Ce type de four permet, à l'inverse des hauts fourneaux traditionnels, de produire de l'acier sans charbon, dont la combustion est très émettrice de CO2 et contribue au réchauffement de la planète.
Ces investissements sont très attendus. ArcelorMittal avait annoncé début 2024 un projet de 1,8 milliard d'euros, dont 850 millions d'euros d'aides de l'État, qui visait à remplacer un haut fourneau de son site de Dunkerque par deux fours électriques. Mais face à la concurrence accrue de l'acier chinois, ce projet ne s'est pas concrétisé jusque là, alimentant la crainte que le géant sidérurgique ne renonce à la décarbonation et se désengage d'Europe. Le projet d'origine a aujourd'hui "évolué" selon l'Élysée, précisant que sa nouvelle version bénéficiera toujours d'aides de l'État, qui devraient néanmoins être "moins importantes".
Lire aussi : Mardyck : ArcelorMittal lance sa production d’aciers électriques
Boycott
La CFDT ArcelorMittal, qui a annoncé "boycotter" la venue du président de la République, a dénoncé lundi une "mascarade", déplorant des investissements qui "ont deux ans de retard", et "largement inférieurs à ceux prévus initialement". Pour l'Élysée au contraire, ces investissements sont "le résultat des efforts de la France pour soutenir la sidérurgie française et européenne", et lui assurer un avenir à long terme.
L'Union européenne a mis en place au 1er janvier un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières et voté des quotas d'importations qui doivent entrer en vigueur courant 2026 afin de protéger son secteur sidérurgique face à la concurrence chinoise. ArcelorMittal, qui a annoncé jeudi un bénéfice net de plus de 3 milliards de dollars en 2025, multiplié par 2,5 sur un an, a salué à cette occasion ces mesures de Bruxelles, qui redéfinissent "structurellement les perspectives de l'industrie sidérurgique européenne".