Décryptage

Maintien de l'ordre : Emmanuel Macron monte au front

Le chef de l'État a promis lundi à Marseille de maintenir le calme lors d'une nouvelle journée de manifestations "à risque" samedi.

Le président Emmanuel Macron le 23 octobre 2026 à Trappes, dans les Yvelines © Hannah McKay

Le président Emmanuel Macron le 23 octobre 2026 à Trappes, dans les Yvelines © Hannah McKay

Un aveu d'échec net sur le 17 octobre et une ferme reprise en main... Emmanuel Macron a promis lundi à Marseille de maintenir le "calme" lors d'une nouvelle journée de manifestations "à risque" samedi, affichant son agacement face à "l'état d'ébullition" du pays à six mois de la présidentielle. Très critiqué par l'opposition et dans son camp après le 17 octobre, il a reconnu sans détour l'échec des autorités, bien plus clairement qu'auparavant. "On n'avait pas du tout anticipé ce qui s'est passé", à la fois la "mobilisation de l'ultragauche" et "la délinquance qui viendrait dessus", a regretté Emmanuel Macron.

Il a estimé que "les forces de police n'étaient pas dûment proportionnées", en écho à la critique émise alors par le maire divers gauche de Marseille Benoît Payan. Ce dernier lui a montré les stigmates de l'irruption de manifestants à l'hôtel de ville, comme un "A" cerclé anarchiste tagué sur un mur ou un buste de Marianne ébréché pour avoir été renversé. 

Traumatisme

Par contraste, le président a jugé que "l'ordre a été tenu" et le droit à manifester "préservé" lors des rassemblements du week-end dernier, beaucoup plus calmes que ceux de la semaine précédente même si quelque 80 commerces ont "été impactés". Mais d'autres rassemblements sont annoncés pour samedi 31 octobre et jeudi 5 novembre. Afin de garantir le calme, les tracés des manifestations demandés par les syndicats se feront hors des centres-villes, comme ce fut le cas le week-end dernier à Paris et dans plusieurs métropoles, a-t-il dit. Une manière de montrer que la ligne tenue depuis son allocution du 18 octobre, critiquée de toutes parts, avait fonctionné, et que l'état d'urgence, réclamé notamment à droite, n'était pas nécessaire, même s'il ne constitue pas "un interdit". Le président a aussi manifesté son espoir d'accalmie, alors que la mobilisation partie d'un mouvement lycéen il y a plus d'un mois s'est étendue à la défense du pouvoir d'achat et des services publics.

Après sa visite de la mairie, le président a rencontré des commerçants touchés par des pillages le 17 octobre. Disant comprendre leur "traumatisme", il leur a promis que l'ordre était "la première priorité" pour ramener la "confiance" dans les centres-villes et a assuré qu'ils seraient accompagnés pour rouvrir leurs rideaux de fer.

Les réseaux sociaux décriés

Il a ensuite remercié "du fond du coeur" les forces de l'ordre. "On continuera de tenir", leur a-t-il lancé, avant de regagner Paris. Mais au-delà du calme, comment s'extraire de la crise ? Benoît Payan a dit avoir insisté pour trouver une sortie politique et obtenir des réponses à la mobilisation. Devant la presse, Emmanuel Macron a admis "à coup sûr" un problème de tempo dans la réponse du gouvernement au mouvement des lycéens, qui ne connaîtront que ce lundi les propositions du gouvernement en réponse à leurs revendications. "Mais maintenant je regarde devant, donc on avance". Le président a aussi désigné les réseaux sociaux, qui "abîment nos démocraties", parmi les coupables des débordements du 17 octobre. Ils ont été utilisés "pour faire venir des jeunes ou des moins jeunes sur les lieux de délinquance, d'attaque, de pillage", a attaqué Emmanuel Macron, regrettant une "fascination pour la violence".

(Avec AFP)