Modelage LEME, c'est une histoire familiale comme on les aime dans le monde de l'entreprise. Elle commence en 1978 avec Gérard Lemé. Fabricant de moules en bois, pour la fonderie notamment, il travaillait à la main. Après que son fils ait pris le relais, depuis environ cinq ans, c’est désormais son petit-fils Sébastien Lemé qui tient les rênes de la société familiale. «Il fait partie des derniers modeleurs formés en France avant que le cursus ne s’arrête. C’était en 2004 environ» explique Aline Franz, co-dirigeante de la PME Modelage LEME, et compagne de Sébastien.
Se diversifier pour perdurer
Avec l’évolution des technologies, le dirigeant actuel s’est spécialisé dans le rétro scanning. «Equipé d’un bras laser, il scanne les pièces pour en faire un modèle 3D et un moule», raconte-t'elle. Fini le bois d’origine, Modelage LEME réalise désormais des moules en résine pour l’industrie, comptant parmi ses clients aussi bien des acteurs du secteur de l’énergie, de l’agroalimentaire que de l’évènementiel et toujours de la fonderie. «Nous faisons également des moules en 3D à partir des plans que nous fournissent nos clients.»
Si Sébastien Lemé a pris le relais des générations précédentes, il ne poursuit pas l’aventure seul. «On continue en famille puisque Sébastien collabore avec son frère, sa belle-mère et je joue aussi un rôle depuis ma reconversion», sourit Aline Franz qui est aussi la compagne de Sébastien. Infirmière jusqu’en 2024, elle créé désormais des jeux éducatifs et de loisir en bois adaptés et adaptables aux personnes en situation de handicap sous l’entité AntreGobelins. Elle a d’ailleurs reçu le trophée de l'innovation 2025 dans le cadre des Talents de Saône et Loire.
Un métier voué à disparaitre ?
De son côté, Modelage LEME a eu le prix Stars et Métier en 2022. «Il n’y a quasiment plus de modeleurs en France. Une entreprise voisine cherche à transmettre son activité mais n’y arrive pas. Bientôt, il n’y aura plus que nous.» Le savoir-faire de modeleur est peu à peu remplacé par le dessin industriel, l’intelligence artificielle et la robotisation. «On constate qu’il y a de moins en moins de moules physiques au profit des moules 3D. Nous gardons malgré tout notre savoir-faire artisanal.»
La PME conserve également une copie physique des moules qu’elle a réalisé à travers le temps, un archivage qui garantit aux clients de retrouver l’objet d’origine, même des années plus tard. «Les pièces réalisées à partir de nos moules ont une longue durée de vie, des dizaines d’année comme les rouages d’un barrage. Ce ne sont pas des consommables» rappelle Aline Franz.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert