Les Bourses mondiales creusent leurs pertes mardi matin, lestées par la flambée des prix du pétrole au quatrième jour de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, qui ravive les craintes d'une inflation généralisée.
Vers 09H10 GMT en Europe, les places creusaient leurs pertes, la Bourse de Paris perdant 2,12%, Francfort 2,81%, Londres 2,05% et Milan 3,30%. La veille, les principales places européennes avaient déjà cédé environ 2%.
En Asie, à la Bourse de Séoul, où reprenaient les échanges après un lundi férié, l'indice Kospi a terminé sur une chute de 7,24%.
"Lorsque les primes de risque (sur le pétrole) liées au détroit d'Ormuz augmentent, la Corée (grand importateur d'énergie, NDLR) absorbe. La hausse du brut se transmet directement aux balances commerciales, aux anticipations d'inflation, à la pression sur la devise", explique Stephen Innes, gérant de SPI AM.
A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a chuté de 3,06% et l'indice hongkongais Hang Seng a terminé en baisse de 1,12%.
"Le conflit ne montre aucun signe d'apaisement", résume Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.
Une attaque de drones a touché mardi l'ambassade des Etats-Unis en Arabie saoudite au quatrième jour du conflit, Israël continuant pour sa part ses bombardements intensifs sur Téhéran et le Liban.
Interrogé sur une éventuelle riposte, le président américain Donald Trump a déclaré: "vous le découvrirez bientôt".
Israël a de son côté étendu ses opérations au Liban, y menant des frappes meurtrières et massives, en réponse à une attaque lundi du mouvement chiite Hezbollah soutenu par Téhéran.
Le gaz flambe encore, le pétrole en forte hausse
Le prix du gaz flambe encore mardi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 24,47% à 55,39 euros vers 09H10 GMT.
Les prix européens du gaz naturel se sont envolés après l'annonce lundi par la compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, de l'arrêt de sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) dans la foulée des attaques iraniennes contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement de gaz.
Plus tôt, une des plus grandes raffineries d'Arabie saoudite a dû interrompre certaines opérations.
Tous les regards restent tournés vers le stratégique détroit d'Ormuz, qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique et donne accès au Golfe, et par lequel transite environ 20% du pétrole et du GNL.
Un général des Gardiens de la Révolution a menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial fermé de facto par la guerre, et de bloquer toute exportation pétrolière du Golfe.
Vers 09H10 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, la référence internationale pour le baril d'or noir, gagnait encore 3,96% à 80,82 dollars et celui de son équivalent américain, le WTI, prenait 4,03% à 74,10 dollars.
A l'ouverture du marché pétrolier lundi, le Brent s'était envolé de plus de 13%. "Bien que significatif", ce mouvement "reste inférieur aux variations extrêmes observées lors de la crise financière mondiale (de 2008), des turbulences liées au Covid ou encore de certains événements géopolitiques" comme la guerre en Ukraine, tempère Jim Reid.
Le marché de la dette souffre
Les investisseurs "se délestent des obligations d'État depuis le début de la semaine, anticipant les conséquences potentielles d’une crise géopolitique prolongée susceptible de maintenir les prix du pétrole à des niveaux élevés et d'alimenter l’inflation", souligne Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill Group.
Interrogé sur les conséquences du conflit armé avec l'Iran, Philip Lane, chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré au quotidien britannique Financial Times que "l'ampleur de l'impact et les implications pour l'inflation à moyen terme dépendront de l'étendue et de la durée du conflit. La BCE suivra de très près l'évolution de la situation."
Le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans, considéré comme la référence européenne, évoluait à 2,78% vers 09H10 GMT contre 2,71% lundi à la clôture.
Son équivalent français s'établissait à 3,39% contre 3,29% lundi, et l'italien à 3,46% contre 3,35%. Le rendement britannique à 10 ans évoluait quant à lui à 4,48% contre 4,37% lundi à la clôture.