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Municipales à Paris: Grégoire attaque Macron, Dati lui reproche de "perdre pied"

La tension est montée d'un cran jeudi dans la campagne parisienne: le candidat de la gauche hors LFI aux municipales Emmanuel Grégoire a accusé Emmanuel Macron d'être "intervenu" pour "aider au retrait" de la candidate d'extrême droite...
Emmanuel Gregoire, le 18 mars 2026, lors du débat sur la chaîne BFMTV à Paris, où il est candidat à la mairie © Bertrand GUAY

Emmanuel Gregoire, le 18 mars 2026, lors du débat sur la chaîne BFMTV à Paris, où il est candidat à la mairie © Bertrand GUAY

La tension est montée d'un cran jeudi dans la campagne parisienne: le candidat de la gauche hors LFI aux municipales Emmanuel Grégoire a accusé Emmanuel Macron d'être "intervenu" pour "aider au retrait" de la candidate d'extrême droite Sarah Knafo, s'attirant des démentis cinglants des intéressés.

"Emmanuel Macron est personnellement intervenu (...) à différents niveaux pour faire en sorte d'aider au retrait de (l'eurodéputée d'extrême droite) Sarah Knafo, auprès d'intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête", a déclaré sur franceinfo l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo, évoquant une "faute morale immense".

L'accusation intervient au lendemain d'un débat organisé sur BFMTV et Le Figaro TV, où M. Grégoire a semblé pris en étau entre l'Insoumise Sophia Chikirou et Rachida Dati, candidate de la droite et du centre. Ce seul et unique débat de la campagne a réuni 752.000 téléspectateurs en moyenne, avec un "pic d'audience à près d'un million", selon BFMTV.

"Vous ne pourrez pas être élue dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale", avait accusé Emmanuel Grégoire face à Mme Dati. "Imaginez-vous un seul instant (...) Jacques Chirac élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ?", avait-il questionné.

"Nous avons toujours eu un cordon sanitaire avec l'extrême droite d'une manière générale", a rétorqué jeudi Mme Dati lors d'un déplacement de campagne.

Emmanuel Grégoire est arrivé en tête du premier tour (37,98%), plus de douze points devant la candidate de l'union de la droite et du centre (25,46%). 

Mais Mme Dati a depuis fait alliance avec le candidat Horizons/Renaissance Pierre-Yves Bournazel (11,34%), qui a dans la foulée quitté la vie politique parisienne, tandis que Sarah Knafo (10,40%) s'est désistée en appelant ses électeurs à "chasser la gauche" de l'Hôtel de Ville.

"Nous avons beaucoup perdu par les divisions. Aujourd'hui, nous allons à ce deuxième tour rassemblés", s'est félicitée l'ex-ministre de la Culture, appelant à la "mobilisation pour amplifier une victoire".

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio publié jeudi soir, Emmanuel Grégoire l'emporterait cependant au second tour avec 46% des voix, talonné par Rachida Dati mesurée à 44%. Sophia Chikirou recueillerait 10% des suffrages.

Au vu du scénario très serré au second tour, le député socialiste, qui a refusé de s'allier avec Mme Chikirou (11,72% au premier tour), a dramatisé l'enjeu en accusant le président Emmanuel Macron d'être intervenu au bénéfice de l'ex-ministre de la Culture.

"C'est la première fois historiquement que l'extrême droite dépasse les 10% à Paris sur le scrutin central. Et comme par hasard, la première fois où ils les dépassent et où ils avaient donc la possibilité de se maintenir, ils se retirent. C'est un pacte du diable", a-t-il déclaré en visant Rachida Dati.

Menaces

"Le message, c'est +je me retire à Paris pour laisser gagner la droite+. Et vous vous retirez, vous nous soutiendrez dans la dynamique de +l'union des droites+ sur le plan national en 2027", a-t-il affirmé.

Des hypothèses aussitôt vigoureusement démenties par l'ensemble des intéressés.

"Ces propos n'ont aucun sens, ils déshonorent un peu la personne qui les dit comme ça, à l'emporte-pièce (...) ce n'est pas sérieux", a déclaré le chef de l'Etat à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles, assurant "ne pas connaître Mme Knafo".

"Emmanuel Macron a désormais l'habitude de montrer son double discours entre les grands principes qu'il énonce et les petites manœuvres qu'il met en œuvre", a asséné M. Grégoire.

Selon un élu parisien qui n'a pas fourni de preuves, Emmanuel Macron aurait appelé le milliardaire Vincent Bolloré, dont les médias avaient propulsé la candidature d'Eric Zemmour en 2022, pour tenter d'obtenir le retrait de l'eurodéputée d'extrême droite.

"M. Grégoire, vous paniquez et sombrez dans le complotisme", a réagi sur X Sarah Knafo. "Quand vous perdez pied, vous dites n'importe quoi", a commenté Rachida Dati.

Son adversaire de gauche a dénoncé lui les "menaces" à son encontre, affirmant que la maire du VIIe arrondissement lui avait dit "+Grégoire, t'es vraiment un connard+" à la sortie débat.

Dans un tweet relayé par l'équipe de campagne de Mme Dati, le journaliste du Figaro qui a assisté aux échanges hors caméras raconte qu'elle "s'est dirigée vers lui après le débat pour lui dire "+Emmanuel t'es toujours aussi con+".