A cinq jours du premier tour des municipales, l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, grand favori des sondages, est en meeting mardi soir à Lyon, où le premier secrétaire du PS s'est affiché au côté du maire écologiste sortant.
Le candidat adoubé par la droite et le centre-droit participe à une "grande réunion" sur les berges de la Saône, avec son alliée, la maire LR de Sainte-Foy-lès-Lion Véronique Sarselli, candidate à la métropole.
Il s'agit de sa première prise de parole en public depuis un débat organisé par BFM et le quotidien Le Figaro le 24 février, dans lequel Jean-Michel Aulas a été mis en difficulté par ses adversaires.
"S'il nous donne à voir ce soir, ce qu'il a donné à voir en débat (...) il va continuer à perdre des points, parce que les gens vont se rendre compte que, tout simplement, il n'est pas prêt", a dit à l'AFP Grégory Doucet, en marge d'une conférence de presse mardi.
Jean-Michel Aulas a lui-même fait état sur les réseaux sociaux de sa "frustration" après le débat télévisé. Et ses proches reconnaissent qu'il n'est pas "un tribun d'estrade, mais un homme de terrain, un entrepreneur avec sa grammaire."
"Il a été attaqué (...) et il a bien résisté", estime pour sa part Jean-Marie-Chrétien, retraité de 68 ans, venu écouter le discours de celui qu'il qualifie de "rassembleur".
Lors de son meeting de début de campagne en septembre, l'entrepreneur de 76 ans avait lu un discours de 45 mn à l'aide de discrets prompteurs. Ce qui n'avait pas empêché la foule d'applaudir chaleureusement celui qui garde une image positive de ses 36 ans à la tête de l'Olympique lyonnais.
Pendant la campagne, il a d'ailleurs multiplié les clins d'oeil à son passé, affichant le soutien de stars du ballon rond comme Karim Benzema. Il a aussi capitalisé sur ses plus de 600.000 abonnés sur X pour critiquer vertement les Verts, accusés d'un "dogmatisme oppressant".
Flou
Se présentant comme "candidat de la société civile", Jean-Michel Aulas a alterné les promesses sociales (gratuité de la cantine), sécuritaires (plus de vidéosurveillance, de policiers municipaux) et de grands travaux (mégatunnel sous la ville, nouveau métro).
Mais il a donné peu de détails concrets, de plan de financements, et a même parfois semblé en contradiction avec sa partenaire à la métropole, notamment sur la gratuité des transports publics.
Un "flou" épinglé par Grégory Doucet, 52 ans, qui veut croire à une "remontada" d'ici à dimanche, face à un candidat portant selon lui "une vision héritée du siècle passé, où le béton a toute sa place".
Le maire qui laisse la porte ouverte à une alliance de second tour avec LFI, a reçu le soutien du premier secrétaire du PS Olivier Faure, en visite dans l'agglomération auprès des maires socialistes de Villeurbanne et Vaulx-en-Velin.
Le socialiste a appelé sur franceinfo à faire la distinction entre "les dérives" du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon et les électeurs de LFI, pour justifier des alliances locales aux municipales. Mais "LFI reste une formation politique marginale dans ces élections municipales" et "la menace vient de l'extrême droite", a-t-il ajouté devant la presse lyonnaise.
Etat de droit
Dans la dernière ligne droite, plusieurs autres candidats accélèrent le pas, à l'instar du militant antinarcotrafic Amine Kessaci qui a fait sa première sortie de campagne sur un marché de Marseille.
"Personne dans un Etat de droit ne peut m'interdire de me déplacer et d'aller faire campagne", a déclaré l'écologiste de 22 ans, en tractant sous escorte policière pour la liste du maire sortant divers gauche Benoît Payan, sur laquelle il figure.
Mardi soir, l'ancienne ministre socialiste Catherine Trautmann tiendra aussi un meeting à Strasbourg, qu'elle espère reprendre aux écologistes.
A Paris, le candidat de centre-droit Pierre-Yves Bournazel, qui veut incarner "une troisième voie" entre le socialiste Emmanuel Grégoire et la LR Rachida Dati, tiendra une réunion publique.
Jean-Luc Mélenchon sera à Saint-Denis au côté du candidat insoumis Bally Bagayoko et le député de la Somme François Ruffin à Marseille pour soutenir le maire de gauche Benoît Payan.