Le spectre d'une baisse drastique de la prise en charge des cures thermales, qui pourrait chuter de 65% à 15% en 2027, menace directement l'équilibre financier des territoires. Pour l'État, l'objectif est de réaliser 200 millions d'euros d'économies. Une hérésie économique selon Franck Leroy, président de la Région Grand Est, qui rappelle que «réduire leur remboursement, ce serait demander à des personnes souvent âgées, fragiles ou atteintes de maladies chroniques de payer davantage pour se soigner». La région compte neuf stations de référence (dont Vittel, Amnéville ou Contrexéville) où le thermalisme est un pilier de l'emploi non délocalisable. Le président prévient : «Une économie comptable immédiate peut devenir une dépense supplémentaire demain si elle favorise le recours accru aux médicaments, aux consultations ou aux hospitalisations».
Nancy Thermal déploie sa parade stratégique
Face à ce péril national, Nancy Thermal, deuxième opérateur de France, choisit la résilience. Le complexe nancéien lance de nouvelles mini-cures axées sur la phlébologie et le sport pour diversifier son modèle. Cette réorientation s'appuie sur une assise locale solide : pour sa première saison complète en 2025, le site a accueilli près de 3 000 curistes, issus à 86% de Meurthe-et-Moselle. En élargissant ses protocoles aux troubles veineux et aux sportifs, l'établissement s'adapte pour limiter l'impact du reste à charge et sécuriser son flux de clientèle régionale.
L’avenir de ce secteur clé dépendra désormais de la capacité des mutuelles à absorber la facture et du maintien, exigé par la Région, des conditions de remboursement actuelles.