Pour Antoinette Sainte-Beuve et Antone Langlet, associés d’Agri-Aisnergie, les journées nationales du biogaz organisées par l’association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), sont l’occasion d’ouvrir le site de Neuville-Saint-Amand, aux visiteurs et de répondre en direct à leurs interrogations sur la fabrication du biogaz transformé en biométhane.
Les deux agriculteurs locaux à la recherche d’une activité complémentaire se sont lancés en 2019 et injectent du biogaz dans le réseau GRDF depuis 2020, de quoi alimenter l’équivalent de 2000 foyers, sur la ville de Saint-Quentin et en périphérie Venus en voisins, les habitants se sont montrés curieux de savoir si le gaz qu’ils consomment au quotidien provient du méthaniseur de Neuville-Saint-Amand.
Utilisé au cœur du territoire
Le binôme a assuré la visite des installations et expliqué chaque étape du processus de la méthanisation, l’approvisionnement, la méthanisation, la production de digestat, l’épuration, l’injection… le traitement du biogaz en biométhane pour être injecté dans le réseau de distribution de gaz de GRDF. Une production d’énergie renouvelable mais aussi d’un engrais naturel, le digestat qui peut se substituer en partie aux engrais de synthèse d’origine fossile et importés.
La méthanisation dessine ainsi une boucle d’économie circulaire particulièrement concrète : des matières organiques issues du territoire deviennent une énergie et un fertilisant utilisés sur place. Pour l’AAMF, il s’agit avec ces deux journées «de remettre la réalité des exploitations agricoles au cœur du débat et de montrer concrètement les services que la méthanisation peut rendre à l’agriculture, aux territoires et à la souveraineté énergétique française». Au 30 juin 2026, la France comptait plus de 850 sites produisant de l’électricité à partir de biogaz et 837 sites produisant du biométhane injecté dans les réseaux, pour une capacité totale de 16.2 TWh/an soit la consommation annuelle d’environ 1,5 million de logements chauffés au gaz.