Dossier

Performance et décarbonation : Cristal Union investit à Fontaine-le-Dun

Amélioration du process et hausse des capacités de stockage : la dernière sucrerie de Seine-Maritime connaît d'importants travaux durant l'inter-campagnes. Des investissements de 30 millions d'euros.

Objectif : performance ! Profitant de la morte-saison, la sucrerie de Cristal Union de Fontaine-le-Dun a entamé d'importants travaux en prévision de la prochaine campagne betteravière. Pas moins de 30 millions d'euros sont engagés cette année par le groupe coopératif sur ce site historique. Ici, en 2025, 140 permanents (et les saisonniers) ont transformé 1,6 million de tonnes de betteraves (collectées dans un rayon de 34 kilomètres autour de l'usine), pour produire 253 000 tonnes de sucre.

Si la quantité de betteraves n'est pas amenée à progresser dans les années à venir, c'est bien dans la productivité que Cristal Union investit, pour produire plus vite en diminuant les coûts. Car chaque jour de production coûte cher, et chaque heure de non-production encore plus... «L'an dernier, la campagne a duré 172 jours, explique Christophe Croison, directeur de la sucrerie seinomarine. Notre objectif est de réduire ce temps de campagne à 150 jours. Cela suppose d'avoir une bonne régularité dans la production.»

Stockage et logistique sur site

Cela passe par une logistique améliorée. Celle-ci repose d'abord sur l'augmentation des capacités de stockage sur site. Une cuve à mélasse de 20 000 m3 est en construction et doit tripler la capacité totale du site et le rendre autonome dans sa gestion de ce co-produit. Mais surtout, la capacité du silo à sucre va être doublée dès la prochaine campagne, passant de 50 000 à 95 000 tonnes. «Il y a un gros enjeu sur silo, car il faut le raccorder au silo actuel, avant la reprise de la campagne en septembre», insiste le directeur de l'usine. Les travaux ont débuté il y a un an et sont dans les temps. L'extension est en cours de finalisation, mais la jonction ne pourra être envisagée avant que l'actuel silo soit totalement vide.

Le silo agrandi devrait être, dès l'année prochaine (c’est-à-dire après la campagne 2026), relié au site d'expédition par un nouveau convoyeur. Grâce à cela, la sucrerie espère faciliter la logistique sortante du sucre qui quitte Fontaine-le-Dun, en vrac ou conditionné en sacs ou en big-bags. Christophe Croison explique : «Nous aurons trois SAS au chargement, au lieu d'un seul actuellement. Cela nous permettra de séparer les temps de contrôle du camion, de chargement et de finalisation. On devrait pouvoir charger en 20 minutes.»

Nouvel atelier d'évaporation

En parallèle, la sucrerie améliore aussi ses process. L'atelier d'évaporation va être totalement remplacé. Placé en extérieur (contrairement à l'atelier actuel), il disposera de six effets, contre cinq à son prédécesseur, pour maximiser le rendement thermique. À lui seul, l'outil pèse 15 millions d'euros. Mais il doit permettre de diminuer de 6,8 % la consommation de gaz de la sucrerie. «Nous avions un outil performant, mais pas assez pour répondre aux objectifs ambitieux du groupe en matière de décarbonation, explique Christophe Croison. Les objectifs sont de diminuer de 35 % les émissions de carbone d'ici 2030, et de 80 % d'ici 2050 !»

D'autres investissements sont encore à venir dans cette optique et notamment dès 2027, un nouvel atelier de diffusion. En attendant, une centaine de travailleurs sous-traitants s'affairent aux quatre coins de l'usine, pour qu'elle soit pleinement opérationnelle dès le 1er septembre, pour la prochaine campagne. Le compte à rebours est lancé…

Pour Aletheia Press, Benoit Delabre