Pierre-Jean Corbi prend la présidence du tribunal de commerce de Dieppe
À Dieppe, l’audience solennelle de rentrée a marqué la fin du mandat de Jacques Flutre et l’arrivée de Pierre-Jean Corbi à la présidence du tribunal de commerce.
Jeudi 29 janvier, Jacques Flutre présidait sa dernière audience solennelle de rentrée du tribunal de commerce de Dieppe. Il cède sa place à Pierre-Jean Corbi, élu en novembre dernier.
Âgé de 69 ans, Pierre-Jean Corbi est ingénieur de formation. Il a occupé des postes de cadre supérieur dans l'industrie, dont dix ans dans le secteur pétrolier. Familier du monde entrepreneurial, il a créé et repris plusieurs entreprises. Sa dernière société, Acor Clean, spécialisée dans le nettoyage, vient d'être cédée. «Je vais pouvoir me consacrer pleinement à ma nouvelle mission», s'est-il enthousiasmé.
Pierre-Jean Corbi connaît bien la juridiction des tribunaux de commerce. Après un premier mandat de juge au tribunal de commerce de Meaux en 2010 et 2011, il a été élu à Dieppe en 2019. Vice-président pendant deux ans aux côtés de Jacques Flutre, il entend s'inscrire dans la continuité. «La formation continue de nos juges a constitué l'un des marqueurs du mandat de 2025, nous entendons poursuivre cet engagement avec la même détermination», a-t-il précisé.
Parmi les autres priorités de ce nouveau mandat figure le développement de l'amiable. «Car il y a plus de possibilités de sauver une entreprise lorsqu'elle est au début de ses difficultés», rappelle-t-il.
Jacques Flutre dresse le bilan de 2025
Avant de passer la main, Jacques Flutre a dressé le bilan de l'année écoulée. «L'année 2025 a été marquée par un arrêt des augmentations des procédures collectives, qui avaient explosé en 2023», a-t-il annoncé. Le tribunal de commerce de Dieppe enregistre ainsi 152 procédures collectives en 2025, soit le même niveau qu'en 2024. «Cela veut dire qu'il y a plus d'entrepreneurs qui viennent à nous avant que leurs difficultés ne soient irréversibles.»
Parmi les secteurs particulièrement touchés, Jacques Flutre cite «les métiers de l'alimentation et de la restauration» ainsi que «les petits commerces, essentiellement dans le textile». Au total, 226 salariés ont été concernés par ces défaillances. «La moitié de ces emplois ont pu être préservés, soit dans le cas d'un redressement, soit par une cession», précise l'ancien président. Il ajoute : «Malheureusement, trois sociétés du bassin industriel de la Glass Vallée ont dû fermer leurs portes.»
Du côté du registre du commerce et des sociétés, on observe une légère augmentation des immatriculations, portées principalement par la création de très petites entreprises et d'auto-entreprises.
«Je quitte cette fonction et cette juridiction avec nostalgie, mais également avec le sentiment d'avoir accompli ma mission du mieux possible», a conclu Jacques Flutre.