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Piratage du Fisc: Lecornu demande un audit à l'ANSSI

Sébastien Lecornu a demandé lundi à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) de réaliser un "audit approfondi" sur le vol de données ayant affecté la Direction générale des finances publiques (DGFiP), a indiqué Matignon à l'issue...
Le Premier ministre Sébastien Lecornu à Mérignac en Gironde le 17 août 2026 © Christophe ARCHAMBAULT

Le Premier ministre Sébastien Lecornu à Mérignac en Gironde le 17 août 2026 © Christophe ARCHAMBAULT

Sébastien Lecornu a demandé lundi à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) de réaliser un "audit approfondi" sur le vol de données ayant affecté la Direction générale des finances publiques (DGFiP), a indiqué Matignon à l'issue de la réunion d'une cellule interministérielle de crise.

Bercy a annoncé que la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a commencé à contacter "un peu plus de 350.000 particuliers" concernés. Au total, 678.000 usagers, particuliers et entreprises sont concernés, avait indiqué l'administration fiscale vendredi.

"Le Premier ministre a demandé à l’ANSSI de conduire un audit approfondi pour établir précisément les circonstances et les causes de l’incident ayant affecté la DGFiP, en complément de l’enquête judiciaire en cours", a indiqué Matignon.

Sébastien Lecornu a également demandé "que chaque Français concerné par cet incident soit informé individuellement dans les meilleurs délais, avec le détail des données susceptibles d’avoir été exposées et les mesures de vigilance à adopter".

Un courriel va être envoyé à chaque personne touchée par le piratage à partir de lundi soir, a indiqué la DGFiP lorsd'un échange avec la presse.

"Nous allons rappeler aux usagers concernés les risques encourus: hameçonnage, appels rendus plus crédibles car ils mobiliseront des données effectives, et les précautions à prendre", a-t-il été précisé.

"Dans un nombre réduit de cas, moins de 250, il (NDLR: le pirate) a pu avoir accès à des messages" entre les contribuables et l'administration fiscale, a précisé Bercy, qui ajoute: "Il ne peut pas agir sur le compte de la personne".

Consulté par l'AFP, le courriel répond aux principales questions: quel est le principal risque ? Comment s'en prémunir ? Quelles mesures prises par Bercy ? 

"Il convient d'être particulièrement prudent face à toute prise de contact  (...) de personne ou d'organismes qui prétendraient vous connaître à partir d'informations dérobées", insiste le courriel.

"La DGFiP ne vous demandera jamais de lui fournir des informations en dehors de votre espace sécurisé", est-il indiqué, recommandant entre autre "de consulter régulièrement les mouvements de votre compte bancaire".

Le Premier ministre, qui a présidé cette cellule de crise depuis la Gironde où il était en déplacement, a également demandé l'accélération du plan de sécurisation des systèmes d'information de l'Etat annoncé fin avril.

La DDGFiP a confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ainsi que le vol de données concernant au moins 678.000 particuliers et professionnels et environ 200.000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux.

Parmi les informations fiscales des particuliers dérobées figurent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, notamment pour "extraction frauduleuse de données" et "association de malfaiteurs".

ZeroBytes, les pirates derrière le vol de données du fisc, ont affirmé lundi à l'AFP avoir déjà vendu les données dérobées, des déclarations invérifiables. ZeroBytes affirme être composé de deux pirates se présentant comme Français. L'AFP a échangé avec le groupe sur Telegram, à partir de coordonnées publiées sur un forum du dark web consacré à la vente de données volées.