Décryptage

Présidentielle : Attal présente son "pacte pour la jeunesse" et vise Mélenchon

"Moins d'élèves par classe", "révolution des temps scolaires", réforme de Parcoursup : samedi à Lyon, sur fond de mobilisation lycéenne, Gabriel Attal a présenté son "pacte pour la jeunesse", dans un duel de meetings...
Mobilisation lycéenne à Bordeaux le 8 octobre 2026 © Christophe ARCHAMBAULT

Mobilisation lycéenne à Bordeaux le 8 octobre 2026 © Christophe ARCHAMBAULT

"Moins d'élèves par classe", "révolution des temps scolaires", réforme de Parcoursup : samedi à Lyon, sur fond de mobilisation lycéenne, Gabriel Attal a présenté son "pacte pour la jeunesse", dans un duel de meetings avec Jean-Luc Mélenchon, attendu dimanche à Clermont-Ferrand.

Des tee-shirts "Don't worry, be Gaby", des tifos façon supporteurs de football pour recouvrir les sièges vides de l'Amphithéâtre 3.000 où ont pris place quelque 2.000 personnes, le maire divers droite de Montélimar (Drôme) Julien Cornillet qui apporte son soutien et les Jeunes En Marche pour assurer l'ambiance : le candidat Renaissance organisait samedi à Lyon son premier "meeting régional", près de cinq mois après sa déclaration de candidature.

Toujours devancé dans les sondages par Édouard Philippe, qu'il ambitionne de supplanter comme candidat du bloc central, Gabriel Attal a choisi d'axer son discours sur la jeunesse après plusieurs semaines de mobilisation dans les lycées. Comme Jean-Luc Mélenchon, qui abordera le thème dimanche depuis le Zénith d'Auvergne, dans un mano a mano assumé avec le candidat Renaissance.

"Je veux être le président qui parlera à la jeunesse parce qu'il la comprend, le président qui regarde vers l'avenir et veut transformer la France", a lancé Gabriel Attal.

L'ancien Premier ministre a tenté de tracer une voie médiane entre La France insoumise, qui veut "dévoyer" la colère "en multipliant les insinuations ignobles contre la police, en légitimant la violence, en appelant à l'émeute, en faisant de la jeunesse de la chair à canon politique", et le Rassemblement national qui ne voudrait selon lui que la "cadenasser".

"Au RN, on n'a pas un mot contre les écrits de jeunesse antisémites de son leader (Jordan Bardella, NDLR) mais on n'a pas de mots assez durs contre des jeunes qui exigent d'avoir des professeurs", a taclé Gabriel Attal.

Son "pacte" comprend des mesures déjà dévoilées : "moins d’élèves par classe et plus de professeurs devant les élèves" grâce à la baisse démographique, hausse de salaires des enseignants de 200 à 500 euros net pour les "milieux de carrière", certificat d’étude pour entrer au collège, brevet obligatoire pour entrer au lycée, et "année passerelle" pour les recalés...

Tout changer" dans le supérieur

Lui président, Gabriel Attal procédera à une "véritable révolution du temps scolaire", avec sport, culture et arts à partir de 15 heures.

Et celui qui se dit "en colère" face au "vide abyssal du débat sur le changement climatique", donnera "cinq ans" à son gouvernement pour adapter "l’ensemble de nos établissements scolaires".

Il souhaite également "tout changer" dans l'enseignement supérieur. Mais "si supprimer Parcoursup", particulièrement décrié par les manifestants, "suffisait à supprimer le malaise de la jeunesse, je serai le premier à le demander", a-t-il lancé, accusant Jean-Luc Mélenchon d'avoir comme "projet" la "sélection par l'échec".

Rapporteur de la loi de 2018 à l'origine de Parcoursup, M. Attal souhaite cependant "faire évoluer" le dispositif, en faisant baisser "la pression du contrôle continu", à laquelle il préfère "davantage d'épreuves terminales pour fonder les dossiers et la sélection dans le supérieur" et établir "un véritable parcours d'orientation avec de l'humain, du mentorat, du tutorat, des stages".

Il souhaite aussi supprimer ou transformer les licences et masters présentant "un taux de décrochage trop élevé et d'insertion dans l'emploi trop faible".

Le candidat Renaissance lancera prochainement "un appel à tous les Français de 16 à 25 ans, lycéens, étudiants, jeunes, actifs", dont 150 seront tirés au sort pour participer à "une convention sur nos propositions".

Sur un plan plus politique, Gabriel Attal en a appelé à tous les Français, notamment "la gauche sociale-démocrate" et "la droite républicaine", en vue d'une "coalition des démocrates", refusant la seule union de la droite et du centre prônée par Édouard Philippe. "Ceux qui ont peur d'une primaire commettent une erreur, mais nous ne les attendrons pas", a-t-il également lancé, visant le candidat Horizons.

"Consternante duplicité d'Attal", au "style vieux politicien de droite qui fait de la com et refuse un bilan de sa propre action", a tweeté samedi Jean-Luc Mélenchon, qui table sur le mouvement lycéen pour conforter sa dynamique et se rapprocher du second tour. "Les jeunes de France méritent mieux", a rétorqué M. Attal sur X, invitant son aîné à débattre avec lui comme "plusieurs médias" le leur ont "proposé".