Les marchés boursiers mondiaux ont reculé mardi, manquant de soutien avec le trou d'air de la tech américaine, une nouvelle hausse des prix du pétrole et l'accélération de l'inflation aux Etats-Unis.
A Wall Street, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - a perdu 0,71% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,16%. Seul le Dow Jones est parvenu à rester dans le vert (+0,11%).
En Europe, l'indice du CAC 40 parisien est repassé sous le seuil des 8.000 points (-0,95% à 7.980 points), la Bourse de Francfort a reculé encore plus fortement (-1,62%) tout comme celle de Milan (-1,36%).
Londres a flirté avec son point d'équilibre (-0,04%), maintenu par les majors pétrolières.
"Il n'est pas surprenant d'observer un léger réajustement face à la contagion (du) risque géopolitique", assure auprès de l'AFP Dave Grecsek, d'Aspiriant.
Le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes "à mettre à la poubelle".
Le président américain a par ailleurs assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade "sous assistance respiratoire", avec "1% de chances" de survie.
Le pétrole bien calé au-dessus des 100 dollars
Face à cette impasse, les deux références mondiales du brut ont continué de progresser. Le Brent de la mer du nord a gagné 3,42% à 107,77 dollars tandis que le baril de WTI a avancé de 4,19% à 102,18 dollars.
"Il est possible que le pétrole continue de monter, encore et encore, jusqu’à atteindre 120 dollars le baril", a estimé Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
D'autres analystes veulent cependant garder espoir.
A plus de 4,50 dollars en moyenne le gallon (3,78 litres) aux Etats-Unis, "la pression politique devient forte pour l'administration américaine. Les marchés continuent donc de privilégier une désescalade rapide et un accord avant les grandes échéances électorales", a observé Antoine Andreani, responsable de la recherche pour XTB France, évoquant les élections de mi-mandat de novembre aux États-Unis.
La tech américaine pâlit
Les spécialistes des semi-conducteurs, un secteur lié à l'intelligence artificielle (IA) qui a dynamisé le marché ces dernières semaines, ont connu une mauvaise séance mardi à New York.
Micron a lâché 3,61%, Intel a chuté de 6,82%, Broadcom a cédé 2,13% et Qualcomm a dévissé de 11,46%.
Ce recul s'explique "sans doute en raison d'un léger mouvement de prise de bénéfices après leur extraordinaire progression depuis la fin mars", a relevé David Morrison, de Trade Nation.
En l'espace d'un mois et demi, le prix de l'action Intel a été multiplié par plus de deux, tout comme celui de Micron.
Nervosité du marché obligataire
Les investisseurs doivent aussi composer avec un nouveau sursaut de l'inflation américaine (indice CPI), qui a atteint 3,8% sur un an en avril, au plus haut depuis près de trois ans, selon des données officielles publiées mardi.
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain se tendait encore, évoluant autour de 4,46% vers 20H20 GMT contre 4,41% à la clôture lundi.
Depuis la publication de l'indice CPI, plus d'analystes parient sur une hausse des taux de la banque centrale américaine (Fed) dans les douze prochains mois.
Déjà dopé par la guerre au Moyen-Orient, le taux d'intérêt des emprunts d'Etat britannique à 30 ans s'est envolé mardi à un nouveau plus haut depuis 1998, à 5,814%, avec les appels à la démission du Premier ministre Keir Starmer.
Celui à dix ans a temporairement retrouvé des niveaux inédits depuis la crise financière de 2008, à 5,135%.
En Europe continentale, les rendement du Bund allemand à dix ans continuait de monter (3,11% contre 3,03% la veille), tout comme son équivalent français (3,74% contre 3,65% la veille).
Les créanciers qui prêtent de l'argent aux États anticipent des risques d'inflation de nature à réduire la valeur réelle de leurs titres de créance, ce qui les contraint à demander un retour sur investissement plus fort.