En bref

Qualiship : de l’étiquette à la plateforme, l’évolution d’une start-up logistique

Joannick Bertrand et Laurent Duclos ont lancé leur entreprise en 2020 dédiée à l'édition d'étiquettes de transport. Ils ont fait évoluer leur offre et proposent désormais un pilotage complet de la livraison.

Joannick Bertrand (à g.), responsable du volet technique et Laurent Duclos responsable du volet commercial, lors du salon international du transport et de la logistique, ce 1er avril 2026 à Villepinte. © Aletheia Press / LBrémont

Joannick Bertrand (à g.), responsable du volet technique et Laurent Duclos responsable du volet commercial, lors du salon international du transport et de la logistique, ce 1er avril 2026 à Villepinte. © Aletheia Press / LBrémont

L'un est basé dans l'Oise. L'autre en Alsace. Lancée en 2020, la start-up Colis Affranchis a montré sa capacité à s'adapter dans un secteur aussi concurrentiel que le transport et la logistique. Initialement dédiée à l'édition d'étiquettes de transport, la start-up a rapidement revu son modèle. «Techniquement, nous étions au point mais nous manquions de réseau pour nous faire connaître», constate Joannick Bertrand, l'isarien, cofondateur et CTO de l'entreprise. Avec son associé Laurent Duclos, l'alsacien, ils décident de voir plus loin et créent, en 2023, un service d'analyse des données de transport, organisé en cinq modules, appelé Qualiship.

Satisfaire l'acheteur et optimiser les coûts

«Nous nous adressons aux logisticiens et commerçants qui traitent de gros volumes de colis et pour qui nous mettons en place des dashboards de KPI pour suivre les performances des transporteurs» poursuit Joannick Bertrand. Avec ces données, Qualiship met en lumière les transporteurs les plus efficaces parmi ceux qui travaillent pour le logisticien. «Nous regardons à J+1, J+2…», complète l'entrepreneur. Le taux d'anomalie et de reroutage, notamment, sont également suivis. «Notre premier module propose des dashboards complets qui permettent une prise de décision rapide de la part de nos clients».

Un autre module assure l'information des clients quant à l'acheminement de leur commande. «Nos alertes SMS et mail sont personnalisables» poursuit Joannick Bertrand. Dans le prolongement de ce service, le module suivant concerne le service après-vente. «Nous sommes en mesure de lever de façon proactive des situations problématiques. Nous repérons un colis qui est en anomalie qui ne progresse plus par exemple. Et ces problèmes sont remontés au client dans notre logiciel SaaS». Il est alors possible de lancer des réclamations automatiquement par mail, par API, ou même par interface web et ce, avant même que le client se plaigne. «C'est l'un de nos modules les plus utilisés», note Joannick Bertrand qui relève que «cela participe à augmenter l'image de marque» des entreprises.

Des logisticiens de poids convaincus

La start-up propose également de gérer les retours des acheteurs sur sa plateforme. «Le e-commerçant valide ou non le retour. Ensuite, le logisticien reçoit cet ordre de retour et va pouvoir le traiter» détaille le CTO. Une étiquette de retour est alors éditée. Mais la start-up ne s'arrête pas là et propose également une analyse des factures des transporteurs pour s'assurer qu'elles sont en adéquation avec les services utilisés. «Le logisticien a alors les informations pour contester une facture si nécessaire». Et pour améliorer encore ses résultats, il y a un an, l'entreprise a intégré l'IA dans son fonctionnement, notamment sur le module SAV.

«En général, nos clients prennent la globalité des services, mis à part le SAV et l'analyse de facture s'ils ont déjà leur propre service en interne», constate Joannick Bertrand. La start-up a déjà convaincu des acteurs de la logistique de poids tels que Easyship ou encore Crosslog Grenoble. Si les perspectives de développement sont là, tout n'est pas encore gagné. «Nous sentons une frilosité de la part de certaines entreprises que nous rencontrons quand elles comprennent que nous ne sommes que deux». En parallèle de la prospection, les associés étudient la mise en place d'une offre à destination des commerçants et des entreprises de plus petite taille. Fonctionnant sur fond propre, les entrepreneurs visent un chiffre d'affaires de 100 000 euros en 2026.

Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont