Deux voleurs ont dérobé tôt mardi matin "quatre oeuvres d'art" du musée Renoir de Cagnes-sur-Mer sur la Côte d'Azur, dont une qu'ils ont dû abandonner dans leur fuite, a annoncé le maire de cette ville du sud-est de la France où le célèbre peintre impressionniste a fini ses jours.
"Repérés grâce aux caméras de vidéoprotection de la ville, les deux individus ont pris la fuite, abandonnant dans leur course l'un des tableaux dérobés", a affirmé le maire, Bryan Masson, dans un communiqué, estimant à 9 millions d'euros la valeur des œuvres volées dans ce musée-atelier entouré d'un jardin planté d'oliviers.
"L'alarme du musée s'est déclenchée à 05H48 (locales, 03H48 GMT). À 05H53, soit cinq minutes plus tard, notre police municipale était sur place", a précisé l'élu d'extrême droite, qui a estimé que "s'attaquer au musée Renoir, c'est s'attaquer à une part de l'histoire et du patrimoine de Cagnes-sur-Mer. Ces faits sont particulièrement graves".
Ce vol a eu lieu près d'un an après le casse retentissant au Louvre, le musée le plus fréquenté au monde, en plein Paris.
En quelques minutes, huit joyaux de la Couronne de France disparaissent, dont le diadème de l'impératrice Eugénie, retrouvé plus tard très endommagé. Un préjudice estimé à 88 millions d'euros, selon le musée.
Depuis, le ministère français de la Culture a fait de la sécurité des musées une priorité, que l'actualité se charge régulièrement de rappeler.
Fin juillet, un collier en or appartenant au Trésor de Vix, datant de l'époque celte et enfoui il y a 2.500 ans en Bourgogne, dans l'est de la France, avait été dérobé en pleine matinée dans un musée de Châtillon-sur-Seine, déjà visé par deux précédentes tentatives de cambriolage.
Début juillet au nord de Strasbourg (est), des voleurs avaient également mis la main sur des pièces de joaillerie au musée Lalique de Wingen-sur-Moder. Préjudice estimé: plus de 4,5 millions d'euros.
Dans un plan de 33 mesures dévoilé en juillet, le ministère de la Culture recommande notamment de retirer temporairement certaines pièces des vitrines.
Il s'agit de "mettre à l'abri, dans des lieux adaptés qui seront identifiés pour chaque département, les objets les plus vulnérables dans l'attente de la sécurisation de leur présentation", avait-il expliqué dans un communiqué.
Créé en 1960, le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, non loin de Nice (sud-est), a pris place dans la dernière demeure du peintre Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). Aujourd'hui, outre le mobilier originel, le musée Renoir expose des objets, des meubles ayant appartenu à Renoir dont son chevalet et son fauteuil roulant, ainsi que des portraits, des paysages, des nus peints par l'artiste.