Dossier

Rantigny : la Vallée Dorée veut capitaliser sur le projet de Data Center

Derrière l'installation de deux hyperscalers – des data centers nouvelle génération dédiés à l'Intelligence artificielle – la communauté de communes de la Vallée Dorée veut créer un Campus Numérique de rang international.

Survolée par une ligne à haute tension (120 kV), la friche Avon devrait accueillir les deux hyperscalers pour une puissance électrique totale de 300 MW (dont 200 de calcul). © Archives / CDC Vallée Dorée

Survolée par une ligne à haute tension (120 kV), la friche Avon devrait accueillir les deux hyperscalers pour une puissance électrique totale de 300 MW (dont 200 de calcul). © Archives / CDC Vallée Dorée

Encourager l'investissement, c'est bien. Capitaliser dessus, c'est mieux. Voilà un peu la philosophie qui semble animer la communauté de communes de la Vallée Dorée, autour du projet d'hyperscalers à Rantigny. Un projet annoncé il y a quelques mois maintenant. 

Deux de ces data centers à la puissance de calcul calibrée pour soutenir l'intelligence artificielle (100 MW chacun), pourraient s'installer sur la friche Avon en pleine reconversion. Un investissement colossal de 4,5 milliards d'euros porté par une entreprise gardée secrète, mais présentée comme un acteur mondial majeur du cloud et de l’IA. «Le porteur de projet se présentera quand le permis de construire sera purgé de recours», souffle Olivier Ferreira, le président de la communauté de communes.

Le début de la construction est prévu en 2027, pour un aboutissement complet du projet en 2029. Et la Vallée Dorée pousse pour que cela se réalise. «On joue le rôle de facilitateur», poursuit le président, qui précise que la collectivité n'investit pas directement dans le projet. Car, insiste Christophe Dietrich, maire de Laigneville, «c'est un projet structurant pour le territoire», qui «marque un tournant en accélérant sa transition numérique, sa montée en compétences et son attractivité économique». 

Vers un Campus Numérique

La Vallée Dorée parle d'ailleurs désormais d'un «Campus Numérique» qui devrait générer 1000 emplois directs et indirects. Dans le sillage des hyperscalers, un volet «formation» à dimension universitaire est déjà envisagé. Et cette arrivée pourrait servir d'amorce à la requalification de la friche Vallourec. 

Si tous les territoires rêvent d'une telle implantation susceptible d'en faire une place-forte du numérique à l'échelle européenne, cette arrivée génère aussi quelques inquiétudes localement. Notamment pour son impact environnemental. Mais pour la communauté de communes, toutes les précautions sont prises pour donner un caractère exemplaire au projet. «Les oppositions se construisent surtout sur des clichés et des peurs qui ne sont pas toujours rationnelles», résume Dominique Delion, maire de Rantigny.

L'utilisation d'un site déjà artificialisé évitera la consommation d'espaces naturels. Sur les 48 ha du site, l'emprise au sol représentera moins de 20%. La zone humide entourant le site serait quant à elle protégée, et même valorisée, dans l'objectif de préserver les habitats naturels, ainsi que les trames vertes et bleues de continuité écologique.

Consommation d'eau et récupération de chaleur

Reste la sensible question de l'eau. En effet, les data centers utilisent de l'eau pour leurs systèmes de refroidissement. Plusieurs milliards de mètres cubes à l'échelle mondiale. Mais ils s'améliorent. «Le Campus numérique de la Vallée Dorée s'appuiera sur des technologies de dernière génération, reposant principalement sur un refroidissement par l'air (free cooling) et des circuits d'eau fermés», détaillent les services de la ville. 39 000 mètres cubes seront tout de même nécessaires au démarrage. Après quoi, les consommations devraient être minimes.

La collectivité compte aussi profiter des calories émises par les serveurs pour alimenter un réseau de chaleur actuellement à l'étude. La chaleur fatale serait captée pour alimenter les bâtiments publics (piscines, gymnases, écoles…), mais aussi les logements collectifs et des serres agricoles dans un rayon de 15 km. Capitaliser, disions-nous…

Pour Aletheia Press, Benoit Delabre