En bref

Saint Louis Sucre : une campagne betteravière aux rendements records

Saint Louis Sucre a terminé sa campagne betteravière 2025-2026, marquée par des conditions météorologiques très favorables. L'entreprise sucrière met également en avant la performance de ses sites de Roye dans la Somme et d'Étrépagny dans l'Eure en termes de transition énergétique.

La campagne betteravière s'est déroulée de fin mars à début février. © Saint Louis Sucre

La campagne betteravière s'est déroulée de fin mars à début février. © Saint Louis Sucre

Les bonnes conditions météorologiques ont accompagné l'ensemble de la campagne betteravière 2025-2026. Elles ont permis d'atteindre des niveaux records de 98 tonnes par hectare à Roye et 103 tonnes par hectare à Étrépagny. Dès le début de la campagne, lancée autour du 21 mars 2025, «les semis ont été plus précoces que la moyenne des huit dernières années, assurant une implantation optimale des cultures», témoigne le groupe Saint Louis Sucre.

Par la suite, le printemps sec a permis un bon enracinement, puis l’alternance de pluie et de soleil en été a favorisé la richesse en sucre : «Celle-ci a dépassé largement les 18% en moyenne à Roye et à Etrépagny. L’impact des pucerons a aussi été limité grâce aux bonnes mesures de protection des cultures prises par les planteurs et même si certaines parcelles étaient touchées en juillet, les conséquences sont heureusement restées faibles». Enfin, les conditions d’arrachage étaient elles aussi exceptionnelles, permettant une tare-terre (lire en encadré) de moins de 10% et un déterrage des betteraves optimisé.

Performance énergétique et gestion de l'eau

Le groupe met en avant la performance de ses sucreries qui ont relevé le défi, «notamment grâce aux équipements récents conçus pour optimiser la performance énergétique du process, et à une agilité logistique remarquable face aux révisions successives à la hausse des prévisions de production». Par exemple à Roye, l’augmentation de la capacité d’évaporation a permis de renforcer la fiabilité de l’usine, et de préparer les futures étapes de la décarbonation. La campagne a aussi fait avancer concrètement la préparation à l’électrification progressive des sucreries.

En 2025, les sucreries de Saint Louis Sucre ont réduit leurs prélèvements par forage de 60% par rapport à la moyenne 2018-2022. Cela représente une économie de prélèvement d’eau dans le milieu naturel de 150 000 m3. Ces initiatives permettent de progresser dans un contexte où les conséquences du changement climatique s’imposent à tous.

Par ailleurs, la sucrerie de Roye a fourni plus de 1 000 000 m3 d'eau en 2025 pour l'irrigation des cultures situées autour de la sucrerie, et le périmètre d'irrigation sera étendu de plus de 670 ha en 2026 pour permettre à davantage d'exploitations d’accéder à l’eau de sucrerie pour cultiver des légumes et des pommes de terre. Cette eau provient directement de la transformation des betteraves en sucrerie, puisqu’une betterave contient 75% d’eau.

La tare-terre

On appelle tare-terre l'ensemble des matières étrangères qui entourent la betterave une fois arrachée. Elle se constitue principalement de terre, de mottes de terre, de cailloux, de feuilles, de mauvaises herbes ou de bois. La proportion de terre éliminée varie en général entre 30 à 70%, en fonction de nombreux facteurs : tare initiale, humidité du silo, conditions météorologiques au moment de l’enlèvement. La tare-terre représente un coût important pour l'industrie sucrière qui s'emploie donc à la réduire, générant ainsi des économies et préservant la propreté des routes.