La coopérative Atol est en plein développement ces dernières années à Saint-Quentin avec plusieurs boutiques en centre-ville, et dans les zones commerciales. À l'origine de ce développement, on retrouve Nicolas Eeckhout en particulier et son associé Nicolas Pauchet. Le premier est opticien depuis 2005, a commencé à travailler à Ham (Somme) avant d'arriver à Saint-Quentin comme opticien puis opticien responsable dans le magasin de Melle Demonchaux, rue Raspail. «J'y ai travaillé durant quatre ans puis la propriétaire est partie à la retraite et j'ai racheté le magasin en 2009 pour poursuivre et développer, raconte Nicolas Eeckhout. Je n'avais pas forcément l'idée d'être à mon compte mais je ne fermais aucune porte non plus, j'ai repris l'équipe et ce magasin historique qui existe depuis plus de 50 ans».
Cette première boutique dont le nom Demonchaux est resté accolé à celui de Nicolas Eeckhout, se démarque par sa spécialisation dans le domaine de la santé et des lentilles de contact. «Nous poursuivons dans cette voie, nous vendons des boîtes de lentilles prescrites par les ophtalmologistes mais beaucoup d'entre eux nous envoient des patients pour adapter les lentilles, ce qui ne se fait pas ailleurs à Saint-Quentin», souligne l'opticien.
Un développement progressif
En 2014, une opportunité de développement s'ouvre avec le départ à la retraite d'une consœur de la rue Raspail qui compte au total six opticiens. «Je lui ai expliqué mon projet, j'avais envie de développer et avoir un second point de vente dans la même rue était intéressant pour la gestion, explique Nicolas Eeckhout. La rue a toujours accueilli beaucoup d'opticiens et concentré une offre forte, c'est historique parce qu'il y avait avant un grand cabinet d'ophtalmologistes». À l'occasion de ce rachat, Nicolas Eeckhout entre dans la coopérative Atol et cette deuxième boutique passe donc sous cette bannière. «Atol, c'est une coopérative et pas une franchise, on y a davantage de liberté et j'ai été séduit par eux, ils accompagnent justement les opticiens multi propriétaires et puis c'est une marque bien connue», indique-t-il.
C'est par la suite que l'opticien engage Nicolas Pauchet qui deviendra son associé et va développer la franchise Atol à Lille, une ville pour laquelle il a le coup de cœur. Aujourd’hui, le groupe formé par les deux associés compte un total de huit boutiques sans compte la première de la rue Raspail. À Saint-Quentin, Atol est aussi arrivé dans la galerie marchande d'Auchan Fayet et de Carrefour. «On ne touche pas la même clientèle selon qu'on soit au centre-ville ou en zone commerciale et c'est un conseil donné par Atol de mailler le territoire, souligne l'opticien. L'idée est d'apporter un service à tous et d'aller à la rencontre des publics avec notre approche qui est davantage axée sur la santé et sur l'humain que sur le tarifaire. Et malgré tout, avoir ce groupe permet de négocier de meilleurs tarifs pour nos clients».
Des professionnels de la vue
Nicolas Eeckhout se dit satisfait de ce développement et constate une évolution du métier d'opticien, un véritable professionnel de la vue et de la santé. «Nous ne sommes pas seulement des vendeurs de lunettes et d'ailleurs, nous avons une nouvelle typologie de clients qui apparaît, constituées de personnes atteintes de pathologies oculaires, pas forcément soignables avec des lunettes : les DMLA, les cataractes, les glaucomes, analyse-t-il. Nous apportons des services pour ces personnes, nous quantifions le problème visuel, si la personne a plus de huit dixièmes, cela peut être corrigé avec des lunettes ou des lentilles, en dessous, nous avons des lunettes avec des systèmes de filtre, de prisme pour améliorer le quotidien par exemple».
La loi de santé autorise par ailleurs les opticiens à renouveler les ordonnances délivrées par les ophtalmologistes. «Pour les 16-42 ans, l'ordonnance émise par l'ophtalmologiste est valable cinq ans, le patient peut aller faire contrôler sa vue chez l'opticien, et si la correction change, nous pouvons la faire et se servir de l’ordonnance initiale pour être remboursé. Même chose au-delà de 42 ans mais l'ordonnance n'est valable que trois ans parce qu'on a davantage de pathologies oculaires à cet âge et qu'il y a besoin de faire des examens complémentaires de façon plus régulière». L'opticien rappelle que sa profession peut dépister les valeurs de défaut oculaire, un examen que fera aussi le médecin ohptalmologiste auquel il ajoutera un fond d’œil qui est un acte médical.
Atol s'oriente vers l'audition
Depuis deux ans, Nicolas Eeckhout est devenu administrateur de la coopérative Atol en Hauts-de-France. Une fonction qui le fait réfléchir à la stratégie d'Atol qui en plus des lunettes, s'oriente aussi de plus en plus vers l'audition, un nouveau segment de développement. Il rappelle que Atol compte plus de 500 associés, 800 magasins et réalisé plus de 465 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024.