En bref

Saint-Quentin : L’essor maîtrisé d’un chocolatier entrepreneur

Rien ne prédestinait Jean-François Féron à faire carrière dans le chocolat. Étudiant en faculté de droit en 2004, il accepte un job étudiant chez le chocolatier «La petite Friande» à Reims. Ce qui devait être un simple emploi d’appoint devient une révélation. Aujourd’hui, le quarantenaire vient d’ouvrir une troisième chocolaterie, cette fois à Saint-Quentin et se trouve à la tête de huit salariés. 

«La chance que j’ai eue, c’est de rencontrer l’excellence», confie-t-il. Curieux des métiers artisanaux, Jean-François Féron découvre un univers exigeant, créatif et passionnant. De 2004 à 2009, il apprend le métier sur le terrain, gagne en autonomie et complète sa formation par un BTS commerce en alternance puis une licence de marketing, toujours au sein de la chocolaterie rémoise. Cette double compétence, artisanale et commerciale, pose les bases d’un projet entrepreneurial structuré. «J’ai eu de la chance. On m’a laissé beaucoup d’autonomie. Hugues de la «Petite Friande» m’a bien accompagné et c’est grâce à lui que je me suis lancé», explique le chocolatier, très reconnaissant.

Le pas vers l'entrepreneuriat

En 2009, avec le soutien de son maître de stage, il franchit le pas de l'indépendance et s'installe à Soissons. La ville représente alors un marché encore vierge sur le segment du chocolat haut de gamme. L’investissement initial atteint 200 000 euros, dont la moitié est soutenue par des aides et financements, notamment de la Chambre de Métiers et d’Initiative Aisne. Le choix d’un matériel performant lui permet d’envisager une progression rapide.

En 2015, il acquiert un local plus vaste afin d’accompagner la croissance de l’activité. Souhaitant se développer autour de Soissons dans un rayon d’une heure de route, c’est donc en 2019, qu’il ouvre une seconde boutique à Compiègne, dupliquant un modèle économique désormais éprouvé. En décembre 2025, il franchit une nouvelle étape avec l’achat d’un local rue Saint-André à Saint-Quentin, artère piétonne stratégique. La décoration, inspirée de l’identité Art déco de la ville, décline des tons vert-gris et affirme la signature visuelle de l’enseigne. L’investissement pour une boutique oscille entre 90 000 et 100 000 euros.

Des produits de qualité

Au-delà du développement commercial, le chocolatier revendique une ligne de conduite claire : exigence et traçabilité. Il s’approvisionne auprès d’un grossiste spécialisé près d’Avignon et assume un coût élevé des matières premières pour garantir une qualité irréprochable. Les emballages, fabriqués en France, répondent à la même logique, malgré un surcoût estimé de 30 à 40 % par rapport à une production asiatique. «La qualité ne se négocie pas», résume-t-il.

Chaque collection est dessinée sur un carnet de croquis. À l’approche de Pâques, période stratégique, un tiers des références est reconduit tandis que deux tiers sont renouvelés, conciliant fidélité et innovation. Aujourd’hui, avec trois boutiques, l’entreprise approche d’une vitesse de croisière. L’achat du site de Saint-Quentin marque une étape importante qui nécessite consolidation. À court terme, le dirigeant privilégie la stabilisation et l’optimisation de ses points de vente. La croissance future viendra, le moment venu, mais toujours au rythme d’un développement maîtrisé.