Dossier

Santé : les obligations des employeurs

Adoptée le 2 août 2021, la loi santé au travail vise à renforcer la prévention en entreprise, prévenir la désinsertion professionnelle et améliorer le suivi individuel et médical des salariés… En filigrane : la lutte contre les accidents du travail et l’absentéisme chronique.


© DR- À mi-carrière, une nouvelle obligation s’impose pour les collaborateurs qui doivent désormais effectuer une visite médicale.

© DR- À mi-carrière, une nouvelle obligation s’impose pour les collaborateurs qui doivent désormais effectuer une visite médicale.

Prévention, information et formation ; voilà pour les trois piliers mis au service de la sécurité et de la santé des travailleurs. Et pour justement prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles, des outils sont prévus par le code du Travail autour d’une évaluation des risques professionnels encourus par les salariés sur leur poste de travail grâce au DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) qui répertorie l’ensemble des dangers et assure la traçabilité collective de ces expositions, mais également au suivi individuel de l’état de santé des salariés en fonction des risques auxquels ils sont exposés. À mi-carrière, une nouvelle obligation s’impose pour les collaborateurs qui doivent désormais effectuer une visite médicale, à 45 ans, afin de vérifier l’adéquation entre leur poste de travail et leur état de santé, en tenant compte des expositions aux facteurs de risques professionnels. Cette règlementation tend avant tout à réduire les accidents du travail. En 2023, près d’un quart (24%) des accidents mortels au travail se sont produits sur des chantiers. Ce chiffre place la construction en tête des secteurs les plus à risque, devant le transport et l’entreposage (16%), la fabrication, l’agriculture, la sylviculture et la pêche (13%).

Prévention et compréhension

Avec une tendance à la hausse des arrêts maladie depuis la crise sanitaire de 2020, «des actions préventives» doivent être initiées en entreprise, selon des experts en santé. Si les leviers d’action sont nombreux, «l’analyse et le suivi de l’absentéisme restent essentiels pour comprendre ce qui se passe en interne». Le tableau de bord est un outil à croiser avec le taux national d’arrêt maladie par secteur d’activité alors que la prévention des TMS (troubles musculosquelettiques) et RPS (risques psychosociaux), qui restent les premières causes des arrêts de travail, doit être enclenchée au moment du retour à l’emploi des salariés. Autre indicateur à ne pas négliger, selon les spécialistes en santé, la multiplication des courts arrêts qui doit être «mieux accompagnée». Pour gérer ces situations délicates, la formation des managers revêt un rôle central dans le plan d’action des employeurs. Si l’amélioration de l’environnement est une piste non négligeable, tout comme la question du bien-être au travail, «elle ne résoudra toutefois pas les situations conflictuelles ou les désorganisations internes», estiment les experts. Selon la dernière étude Malakoff Humanis datant de 2025, 42% des salariés ont au moins eu un arrêt maladie en 2024. Un chiffre qui atteint 49% pour les moins de 30 ans qui souffrent pour 22% d’entre eux de troubles psychologiques, citant la fatigue ou la charge de travail comme facteurs déterminants et qui multiplient les arrêts courts. Face à ce phénomène sociétal, la question de la santé mentale ne peut plus être ignorée, alors que le droit à la déconnexion est une réalité à respecter. 

42% des salariés ont au moins eu un arrêt maladie en 2024

SPSTI

Les services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) – ex-SSTI, services de santé au travail interentreprises – sont tenus d’assurer la surveillance de l’état de santé des salariés, de préserver leur santé physique et mentale et de contribuer à leur maintien en emploi tout au long de leur carrière professionnelle. L’adhésion des employeurs est obligatoire, dès l’embauche du premier salarié, quelles que soient la nature et la durée du contrat de travail.