Dernière maîtresse de Louis XV, guillotinée le 8 décembre 1793 au terme d'un simulacre de procès, Jeanne du Barry n'est restée dans l'imagerie populaire que comme une femme légère et sans scrupule. «Elle fut pourtant une femme libre, indépendante, amie des arts, dont le goût donna naissance au fameux style «du Barry», ancêtre du style Louis XVI, souligne la compagnie Scènes d'Histoire. Elle fut condamnée moins pour ce qu'elle avait fait que pour ce qu'elle incarnait — et c'est bien la question que la pièce pose au spectateur : le procès a-t-il encore un sens lorsqu'il est mené par des magistrats qui craignent presque autant que l'accusée pour leur vie ?»
Sauvée de la guillotine ?
Aucune pièce de théâtre ne lui avait été consacrée depuis un siècle. Écrite par Charles Amson, avocat au Barreau de Paris, et créée à Paris en 2022, la pièce revisite donc le procès de Jeanne Bécu, comtesse du Barry, devant le Tribunal révolutionnaire. Quatre avocats d'aujourd'hui se demandent s'il aurait été possible, deux siècles plus tard, de la sauver de la guillotine ; sous nos yeux, ils se transforment en personnages historiques et la scène devient prétoire. Sur le plateau : Daphné Proisy, Gilles-Vincent Kapps, Raphaël Scheer et Charles Uguen. Le spectacle a déjà tourné dans les châteaux de Bourgogne et au Théâtre du Grenier de Bougival.
Le village témoin de la Révolution
Dans le domaine de Saint-Germer à Reilly, le petit village du Vexin français a lui-même été témoin de la Révolution française. Son maire lettré de l'époque, Jean Santar, a laissé des écrits et légué son regard de contemporain sur l'époque. «C'est ce même regard que la pièce vient interroger : au moment où l'on jugeait la du Barry à Paris, on écrivait ici, dans le Vexin, la chronique de ce que la France était en train de vivre, ajoute la compagnie théâtrale. Jouer ce procès à Reilly, ce n'est donc pas seulement profiter d'un beau décor, c'est refermer une boucle».