En bref

SEB : 500 postes supprimés en France

Le Groupe SEB engage une restructuration mondiale pour restaurer sa rentabilité. En Bourgogne, berceau historique du fabricant, la production n’est pas concernée mais une trentaine de postes liés aux fonctions support seront supprimés, sans licenciement sec.

Confronté à un ralentissement de la demande mondiale, à une pression tarifaire accrue et à une concurrence asiatique toujours plus offensive, le Groupe SEB a dévoilé, lors de la présentation de ses résultats 2025, un plan d’économies d’ampleur baptisé «Rebond». Objectif affiché : dégager 200 millions d’euros d’économies dès 2026 et retrouver une croissance rentable, avec une cible de +5% de ventes et 10% de marge opérationnelle. «Notre priorité est de redresser la rentabilité, car nous avons connu un véritable accident opérationnel en 2025», a estimé Stanislas de Gramont, CEO du groupe, lors de l’annonce des résultats annuels, le 25 février dernier.

Plus de 2 000 postes supprimés dans le monde

Les comptes 2025 traduisent un net coup de frein. Le chiffre d’affaires ressort à 8,169 milliards d’euros, contre 8,266 milliards un an plus tôt. Si l’activité reste légèrement positive à taux de change et périmètre constants, le résultat opérationnel d’activité chute à 601 millions d’euros, faisant tomber la marge à 7,4%, contre 9,7% en 2024. Le bénéfice net atteint 245 millions d’euros, un niveau qui masque toutefois un recul sous-jacent, l’exercice précédent ayant été grevé par une amende exceptionnelle.

Pour redresser la barre, la direction prévoit jusqu’à 2 100 suppressions de postes dans le monde, dont 1 400 en Europe et 500 en France. Les départs seraient exclusivement volontaires. En Bourgogne, territoire emblématique du groupe avec son site historique de Selongey en Côte-d’Or, la production ne serait pas concernée. Les réductions d’effectifs - une trentaine de postes sur 267 à Selongey - viseraient principalement les fonctions support, (finance, ressources humaines, marketing ou logistique), afin d’alléger la structure de coûts sans fragiliser l’outil industriel. Le site d’Is-sur-Tille et sa plateforme logistique pourrait perdre, lui, 2 postes.

Le marché américain en repli marqué

L’activité Grand Public, qui rassemble des marques comme Tefal, Moulinex ou Rowenta et pèse plus de 85% des ventes, recule légèrement à 7,18 milliards d’euros. Le pôle professionnel, proche du milliard d’euros de chiffre d’affaires, progresse en données publiées mais se contracte à taux de change constants, pénalisé par des ajustements de stocks et une base de comparaison élevée.

Géographiquement, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique demeurent le premier contributeur et résistent relativement bien. L’Asie, portée par la Chine, affiche une croissance organique positive. Les Amériques, en revanche, accusent un repli marqué, notamment en Amérique du Nord, sur fond d’inflation et de tensions commerciales.

Avec une dette nette portée à 2,3 milliards d’euros, le groupe assure disposer de marges de manœuvre financières suffisantes et maintient son dividende. En Bourgogne, si l’absence de fermetures industrielles rassure, le plan Rebond marque un tournant. Pour l’un des fleurons industriels régionaux, l’enjeu est désormais clair : préserver son ancrage local tout en regagnant en compétitivité sur un marché mondial sous tension.

Pour Aletheia Press, Arnaud Morel