«L’IA ne se fera pas sans les territoires»,… Lille a accueilli, ce vendredi 12 juin à EuraTechnologies sous la houlette du président de la région Xavier Bertrand, le Sommet européen «L’IA avec nous». L'événement, dans son deuxième volet après Paris l'an dernier et dans le cadre du festival éponyme, a réuni 1 500 personnes, dont de nombreux politiques européens, grands patrons de la tech, industriels, chercheurs et économistes pour interroger les transformations induites par cette technologie.
La journée a été ouverte par Éric Skyronka, président de la MEL, et Arnaud Deslandes, maire de Lille, avant les prises de parole d’Anne Le Hénanff, ministre en charge de l’IA et du Numérique, d’Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne, et de Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030. Joseph Oughourlian, président du groupe de médias espagnol PRISA, a apporté son regard sur l’impact de l’IA dans le secteur des médias - ne cachant pas son inquiétude -. La question de la souveraineté numérique a occupé une place centrale avec une table ronde réunissant Octave Klaba, fondateur de OVHcloud, Gauthier Cloix, CEO de H Company, Valérie Dagand, déléguée générale de Numeum, Laurent Solly, cofondateur d’AMI Labs et Julien Billot, CEO de Scale AI.
«Vallée de l'IA»
Le philosophe Alexeï Grinbaum, l’expert IA Éric Hazan et l’essayiste Chloé Morin ont interrogé les conséquences anthropologiques de l'IA. Les impacts sur le tissus économique local ont ensuite été débattus. «Faire des Hauts-de-France une vallée de l’IA, ce n’est pas seulement accueillir des technologies. C’est faire en sorte que l’intelligence artificielle serve l’emploi, la compétitivité, les services publics et les habitants», a insisté Xavier Bertrand.
Dans la région, des projets de centres de données se multiplient, avec des investissements colossaux qui pourraient en faire une vallée de l'IA, grâce à des atouts géographiques et une méthode déjà éprouvée pour sa vallée de la batterie. 45 milliards d'euros ont été promis par le Japonais SoftBank Group pour construire trois centres de données d'une puissance de calcul inédite d'ici 2031. A elle seule, cette annonce représente près de la moitié de la moisson nationale d'investissements étrangers lors du dernier sommet Choose France début juin. D'autres investisseurs se profilent : l'opérateur européen Data4, appartenant au canadien Brookfield, prévoit jusqu'à 30 milliards d'euros pour construire deux autres méga-centres de données dans le Nord.
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