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EuraTechnologies

Talent Fair : la Tech du Nord recrute, les compétences changent

Avec environ 2 000 inscrits annoncés, la sixième Talent Fair réunit, ce 6 octobre à EuraTechnologies, candidats et entreprises. Pour les start-ups comme pour la Métropole européenne de Lille, l’enjeu dépasse le recrutement;  rapprocher les compétences des besoins d’une économie transformée par l’intelligence artificielle. Rencontre croisée avec Emmanuel Durand, président du directoire de l'incubateur lillois, et Julien Pilette, le conseil Emploi de la MEL. 

Des jeunes entreprises qui recrutent, des jeunes qui cherchent un job... à Lille, la Talent Fair a eu lieu à EuraTechnologies ce mardi 6 octobre. Une édition qui a compté environ 2 000 inscrits, contre 1 300 participants l'an dernier. 

«Le cœur de sa mission, c’est l’emploi dans la région», plaide Emmanuel Durand, président du directoire du hub d'excellence. Une quinzaine de start-ups accompagnées par cet incubateur étaient ainsi présentes pour recruter, avec des stages, de l'apprentissage et autres alternances, mais aussi des CDI. 

«Le cœur de la mission, c’est l’emploi dans la région»

Pour M. Durand, le salon traduit la vocation du site, à savoir soutenir la création d’entreprises et sa concrétisation en emplois. «On est en première ligne sur ce deuxième pool d’entreprises qui doivent représenter les emplois de demain», souligne-t-il. 

Soutenue par la Métropole européenne de Lille (MEL), la Région et la Ville, la manifestation répond à un décalage observé par Julien Pilette, conseiller métropolitain délégué à l’emploi; des personnes cherchent un poste tandis que les entreprises recherchent des compétences nouvelles ou devenues plus rares. «On doit réapprendre à faire croiser tous ces besoins», estime l’élu.

«Réapprendre à faire se croiser les besoins»

Baptisée «Job Crush», l’édition 2026 introduit une plateforme pour préparer les échanges. Les candidats renseignent leurs compétences, leur disponibilité et leur CV, puis sélectionnent les entreprises qui les intéressent. Si l’intérêt est réciproque, les coordonnées du recruteur leur sont communiquées. Une analyse du curriculum par intelligence artificielle complète le dispositif.

Sur place, simulations d’entretien, ateliers et photos professionnelles permettent de travailler sa candidature. Mais la rencontre reste décisive. «Un CV, ça ne suffit pas. Il faut être dans la rencontre humaine», insiste Julien Pilette. Pour l’élu, les transformations numériques ouvrent des perspectives à des profils variés, scientifiques comme littéraires, en début de carrière ou en reconversion. Il se garde toutefois de chiffrer les emplois associés : «Tout est en train de se créer, tout est en train d’être inventé». Selon lui, l’automatisation pourrait recentrer le travail sur les relations humaines. «C’est l’humain qui doit être le grand gagnant», insiste-t-il. 

L’IA rebat les cartes

Emmanuel Durand envisage également des gains de productivité capables de soutenir l’activité, tout en alertant sur une transition qui fragilise certaines professions. «Ce qu’il faut, c’est vite comprendre comment on peut en faire un allié».

Les attentes des jeunes actifs sont aussi au programme. Avec «Cartes sur table», organisé avec l'école de communication ISEFAC, 70 professionnels et 30 jeunes de la génération Z ont été invités à confronter leurs perceptions du travail, bien souvent entre quête de sens et équilibre de vie. 

La start-up Well Eat dans les starting-blocks

Chez Well Eat, la Talent Fair a déjà débouché sur des embauches. «En CDI, il y a deux personnes qui sont venues de la Talent Fair l’année dernière», indique Gautier Decroix, dirigeant de l’entreprise de 15 personnes. Ce dernier recrute notamment en développement, objets connectés, Ux design et data.

Active dans la restauration collective, déjà présente en Belgique, annonce son ouverture en Inde cette semaine, puis au Luxembourg dans un mois. Cette expansion nourrit les besoins de recrutement et de structuration.

Trois à cinq profils sont envisagés pour l’année prochaine, notamment en stage ou en alternance. Le salon permet aussi d’entretenir un vivier régional de candidats. «On a besoin d’amasser un maximum de CV pour anticiper», résume le jeune entrepreneur.