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TPE / PME : quels logiciels libres adopter pour reprendre le contrôle de votre informatique ?

Comment se créer un environnement informatique de bureau moins dépendant du bon vouloir des grands éditeurs américains et de leurs coûts de licence prohibitifs ? Les logiciels libres apportent une réponse à cette problématique, avec des solutions fiables et pérennes, déjà utilisées avec succès au sein de grandes organisations.

  

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Le classement des éditeurs de logiciels fait la part belle aux acteurs américains. Microsoft arrive en tête, seuls l’Allemand SAP et le Français Dassault Systèmes arrivant à se classer dans le top 10 mondial. Les logiciels libres – partageables à volonté et indépendants du bon vouloir des grandes firmes commerciales – sont une bonne solution pour réduire sa dépendance vis-à-vis des éditeurs américains, mais également pour diminuer ses coûts de licence, la gratuité étant ici souvent de mise.

L’État français a mesuré très tôt les bénéfices potentiels de ces outils, qu’il référence depuis 2012 au sein du SILL, le Socle interministériel des logiciels libres. Une mine pour découvrir des outils qui restent souvent dans l’ombre des grandes offres propriétaires, malgré leurs indéniables qualités.

Navigation web, bureautique, traitement d’images…

Du côté des navigateurs web, la seule alternative libre crédible aux grandes offres du marché (Chrome, Edge ou encore Safari) reste Firefox. Un navigateur web qui affiche 6,81 % de parts de marché en France, selon Statcounter. Autre alternative, Chromium, la solution open source qui sert de base à des navigateurs web propriétaires comme Chrome. Malheureusement, Chromium reste encore difficile à trouver sous une forme directement installable sur un ordinateur de bureau.

Le choix se veut plus large du côté des suites bureautiques, avec au moins une offre capable de venir concurrencer Microsoft Office : LibreOffice. Une solution puissante et complète, dont le développement est placé sous le contrôle d’une organisation allemande, The Document Foundation. Pour ceux qui trouvent LibreOffice trop complexe, OnlyOffice est une bonne alternative, même si sa gouvernance (précédemment russe, aujourd’hui singapourienne) interroge.

Le traitement de photos, souvent confié à Adobe Photoshop, pourra sans problème être pris en charge par Gimp. Pour des usages plus basiques, Paint.Net ou Pinta sont plébiscités pour leur plus grande facilité d’utilisation. Expert en numérisation de documents, NAPS2 est l’allié indispensable de tous les secrétariats. L’essayer, c’est l’adopter ! Enfin, pour lire des fichiers multimédias, VLC media player reste la solution de référence. Un projet qui souffle cette année ses 30 bougies, avec une gouvernance toujours française.

Notez que certains de ces logiciels restent complexes à maîtriser. Mais cela ne doit pas rebuter les débutants : dans le monde des logiciels libres, la satisfaction des utilisateurs est un des principaux moteurs. Si l’acculturation à certains outils peut prendre du temps, cet effort est souvent pérenne, leur mode de fonctionnement n’étant pas appelé à changer radicalement au fil des versions (comme cela a malheureusement été trop souvent le cas avec des produits comme Windows ou Office).

Prochaine étape, le passage à Linux ?

En plus de faire gagner en argent et en indépendance, l’utilisation de logiciels libres est un bon moyen de se préparer à une migration vers une autre plateforme. Les outils que nous avons cités sont ainsi tous accessibles à l’identique sous Windows, macOS, mais aussi Linux.

Le passage à Linux, la Gendarmerie nationale en France l’a réalisé avec succès, il y a plus d’une décennie. Au début des années 2000, elle a tout d’abord commencé par troquer certains logiciels propriétaires sur ses machines Windows par des équivalents libres : Firefox, Thunderbird, LibreOffice, VLC media player, etc. Une fois les utilisateurs accoutumés à ces solutions, elle a progressivement migré les postes vers un système d’exploitation de type Linux (GendBuntu, une version spécifique d’Ubuntu). Cette stratégie en deux étapes est une bonne pratique à recommander pour basculer sereinement vers un environnement 100 % libre.

73 000 postes GendBuntu sont aujourd’hui déployés, avec des gains bien concrets : la Gendarmerie nationale estime ainsi gagner environ 2 millions d’euros par an en frais de licence. Et plus encore en prenant en compte la baisse des besoins en formation et en support, ainsi que la possibilité de conserver les postes de travail et les serveurs sur une plus longue période.