Le Marché du Soleil, haut lieu de la contrefaçon situé près de la gare Saint-Charles de Marseille et dont la justice a ordonné la fermeture définitive, a été ravagé par un incendie qui s'est déclaré jeudi matin sans faire de blessés.
Le feu a brûlé une superficie de 2.000 m2 sur les 3.600 de ce bazar géant. Il a démarré aux environs de 02H00, est "maîtrisé mais pas encore éteint", ont indiqué les marins-pompiers à l'AFP, précisant que leur intervention va encore durer afin de sécuriser les lieux.
Selon une source policière, une personne aurait été aperçue avant le déclenchement de l'incendie en train d'escalader les grilles du site, indiquant que la piste criminelle pourrait être privilégiée.
Quelque soixante-dix personnes, dont vingt-et-un enfants, ont dû être évacuées et sont toutes indemnes, ont indiqué les marins-pompiers qui ont engagé une centaine de personnels et 30 engins anti-incendie.
"Une partie (du marché) avait déjà été vidée (...) mais il restait des choses. C'est pour ça que l'incendie est virulent. Et c'est une situation qui a été suivie de près par la ville de Marseille. Et au mois de janvier dernier, on avait interdit l'accès (...). Et c'est probablement un drame qui a été évité", a déclaré à l'AFP sur place Arnaud Drouot, adjoint au maire de Marseille délégué à la sécurité civile.
Ce bazar historique créé il y a quarante ans s'était progressivement mué en référence de la vente de copies de produits de marque, au point de figurer dans des guides touristiques.
Mais cette galerie commerciale composée d'un dédale de stands, dans le quartier de la gare Saint-Charles, est fermée depuis fin janvier sur arrêté préfectoral, à la suite d'une importante opération anti-contrefaçon.
Et lundi, le tribunal correctionnel de Marseille avait prononcé sa fermeture définitive et condamné son propriétaire à quatre ans de prison avec sursis et d'importantes amendes.
Après le Covid, le Marché du Soleil avait connu un essor considérable des copies de marques (vêtements, chaussures, lunettes, parfums...) jusqu'à représenter 70% des ventes, devenant "un monstre nourricier et lucratif", avait estimé la procureure lors du procès en juin.
Une spectaculaire opération menée début février par 300 agents sous l'égide du parquet de Marseille avait ainsi entraîné la saisie de plus de 200.000 articles contrefaits, pour une valeur estimée de 42 millions d'euros, lors de cinq jours à ratisser les stands des commerçants.