En bref

Un job dating agroalimentaire face au défi du recrutement

À la Nouvelle Scène de Nesle, l’emploi était au cœur des échanges à l’occasion d’un job dating printanier organisé jeudi 2 avril par Agrosphères*, en partenariat avec Crit, Manpower et France Travail. Une initiative qui s’inscrit dans une tournée régionale visant à rapprocher les entreprises agroalimentaires des candidats, dans un contexte de recrutement toujours sous tension.

Les entreprises agroalimentaires sont fort nombreuses dans l’est de la Somme.

Les entreprises agroalimentaires sont fort nombreuses dans l’est de la Somme.

«Nous organisons dix job dating à travers les Hauts-de-France, exclusivement avec des entreprises de la filière agro-alimentaire. Nesle constitue la quatrième étape de cette tournée printanière», explique Fanny Desrousseaux, chargée de mission attractivité emploi-formation au sein de la société Agrosphères, basée à Dury. Tous types de profils étaient recherchés, de l’alternant au salarié en CDI, en passant par les saisonniers.

Franc succès pour cette étape Nesloise

Cette édition s’est distinguée par son ampleur. Quinze entreprises avaient fait le déplacement, parmi
lesquelles Bonduelle, Dailycer ou encore Innovafeed, aux côtés de structures plus modestes. Au total, plus de 300 candidats ont franchi les portes de l’événement, CV en main, pour rencontrer directement
recruteurs et dirigeants. 

Sur le terrain, les échanges se veulent concrets et immédiats. Sébastien Ruth, directeur de la société
PicVert à Estrées-Mons, y participait pour la deuxième fois. «Cette matinée est très bien organisée. J’ai repéré plusieurs profils sérieux. C’est un travail physique, soumis aux conditions météorologiques», confie-t-il. Son entreprise recrute des saisonniers de mai à octobre pour des travaux en plein champ,
notamment sur des jeunes pousses de salade et des mini-légumes.

La mobilité : un frein pour l’emploi

Du côté de Dailycer, implantée à Faverolles, les besoins portent sur des postes de conducteurs de ligne, de process, ainsi que sur des profils en alternance. «Nous rencontrons des candidats intéressants, mais le recrutement reste compliqué», souligne une responsable des ressources humaines. En cause notamment des contraintes horaires, avec du travail en 3x8, mais aussi une problématique récurrente dans le secteur, celle de la mobilité. 

Un frein confirmé par de nombreux candidats présents. Julia, 22 ans, et Dylan, 23 ans, sont venus sans
moyen de transport. « Nous savons que l’obtention du permis sera déterminante pour postuler »,
expliquent-ils. Leur démarche relève avant tout du repérage. Même constat pour Alice, 60 ans, venue de Chauny : «Les entreprises sont trop éloignées. Avec le coût du carburant, je privilégie un emploi proche de chez moi». À l’inverse, certains profils tirent pleinement profit de ce format. Julien, jeune ingénieur, multiplie les échanges avec les recruteurs. «C’est très intéressant de pouvoir dialoguer directement. C’est plus efficace que d’envoyer un CV sans retour immédiat», estime le jeune diplômé.

Au-delà des recrutements immédiats, ces rencontres illustrent les enjeux structurels du secteur
agroalimentaire pat l’attractivité des métiers, les conditions de travail, mais aussi accès à la mobilité.
Autant de défis que les acteurs régionaux tentent de relever en multipliant les initiatives de terrain.
Prochain rendez vous le 9 avril à Abbeville et le 28 avril à Saint-Quentin