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Une douleur "indélébile": vingt ans après, Bagneux rend hommage à Ilan Halimi

Une cérémonie d'hommage s'est tenue à Bagneux jeudi soir en mémoire d'Ilan Halimi, jeune Français juif torturé à mort en 2006 dans cette ville des Hauts-de-Seine, à l'occasion...
Marie-Hélène Amiable à Bagneux le 12 février 2026 © STEPHANE DE SAKUTIN

Marie-Hélène Amiable à Bagneux le 12 février 2026 © STEPHANE DE SAKUTIN

Une cérémonie d'hommage s'est tenue à Bagneux jeudi soir en mémoire d'Ilan Halimi, jeune Français juif torturé à mort en 2006 dans cette ville des Hauts-de-Seine, à l'occasion du 20e anniversaire de sa mort.

Entre 300 et 400 personnes se sont rassemblées en début de soirée à l'entrée d'un jardin qui porte son nom, dans cette commune située au sud de Paris, lors d'un hommage placé sous haute surveillance policière et empreint d'un grand recueillement.

"Il y a vingt ans, j'apprenais brutalement par des journalistes (...) qu'un jeune homme de 23 ans disparu depuis plusieurs semaines avait été assassiné dans notre commune", a rappelé devant la foule la maire communiste de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, élue pour la première fois en 2004.

"Ce crime est une douleur indélébile pour notre ville", a-t-elle témoigné, visiblement émue.

Ilan Halimi, 23 ans, a été enlevé, séquestré et torturé en janvier 2006 à Bagneux par une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler "le gang des barbares", sous la direction de Youssouf Fofana.

Le 13 février 2006, découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, le long d'une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), le jeune homme est mort pendant son transfert à l'hôpital.

"La lutte contre l'antisémitisme est quelque chose qui nous concerne tous", a déclaré le président du Consistoire central Elie Korchia, également présent. 

"Nous devons renforcer la prévention vis-à-vis des jeunes", a-t-il estimé, appelant à "une prise de conscience collective".

Pour Annie Foie, 79 ans, qui habite cette ville populaire depuis plus de 50 ans, le meurtre d'Ilan Halimi a été un "choc". "Je travaillais à l'époque chez une dame. Ilan avait été séquestré dans la cave de son immeuble. Sous le choc, cette dame avait appelé son fils pour qu'il l'emmène à Marseille, elle ne pouvait plus rester là", a raconté à l'AFP cette retraitée, une tulipe à la main.

Une fois les discours terminés, la foule a été invitée à déposer les fleurs qui leur avaient été remises au pied de la stèle d'Ilan Halimi puis à assister à des spectacles montés par de jeunes habitants de la ville (chorale, musique, danse, etc) dans un théâtre du quartier.

En France, 1.320 actes antisémites ont été recensés sur l'année 2025 soit une baisse de 16% par rapport à 2024, ce qui reste "un niveau historiquement élevé", a relevé le ministère de l'Intérieur.

Depuis vingt-cinq ans, les actes antisémites "n'ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années", selon cette même source, dans un contexte de forte hausse à la suite des attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël et qui ont entraîné la mort de 1.221 personnes.