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Valenciennes : rencontre avec Maxence Mockers, fondateur de Bereamne

A 19 ans, Maxence Mockers lance Bereamne, une marketplace dédiée aux artisans français. Incubé par Les Rives Créatives à Valenciennes, il veut prouver qu’un e-commerce local et éthique n’est pas une utopie, bien au contraire ! Entretien.


Maxence Mockers, fondateur de la marketplace Bereamne.
Maxence Mockers, fondateur de la marketplace Bereamne.

En parallèle de vos études de droit, vous lancez Bereamne. De quoi s’agit-il exactement ?

C’est une marketplace d’artisans et de créateurs dont la vocation est de montrer qu’on peut trouver un produit de plaisir dans un rayon de 400 km autour de chez soi. 80 artisans sont déjà présents sur Bereamne partout en France et notre catalogue va des bijoux aux cosmétiques, des vêtements aux ukulélés, des skateboards aux couteaux… derrière chaque objet, il y a une personne, une histoire, un savoir-faire ! Nous ne sommes pas sur du simple prêt-à-porter, mais sur une plateforme qui valorise la création manuelle et la qualité plutôt que la production de masse. D’ailleurs Bereamne signifie 'belle âme' en vieux gascon, c’est un clin d’oeil aux nombreux étés passés pendant mon enfance à la ferme, chez mon oncle dans le Gers, des moments extraordinaires qui m’ont véritablement sensibilisés au travail manuel.

Qu’est-ce qui différencie Bereamne des autres marketplaces artisanales ?

La grande différence, c’est la vérification. Chez nous, chaque artisan doit déposer une candidature et je valide personnellement chaque dossier. On vérifie que le produit est réellement fabriqué par le créateur, du processus de conception à la réalisation. Aujourd’hui, sur certaines grandes plateformes dites 'artisanales', on trouve énormément de produits importés de Chine, simplement rebrandés, ce que nous refusons immédiatement. On utilise même des outils comme Google Lens pour vérifier les photos envoyées. Cette exigence protège les créateurs, mais aussi les consommateurs qui savent exactement ce qu’ils achètent.

Votre modèle économique est aussi plus vertueux ?

Oui, c’était essentiel à mes yeux ! Quand vous achetez sur Bereamne, 97 % de la somme va directement dans la poche du créateur. Nous prenons aujourd’hui 3 % de commission, une offre de bienvenue, qui passera ensuite à 5 %, ce qui sera toujours inférieurs aux autres plateformes numériques. Nous prenons aussi quelques centimes sur les frais de livraison, comme Vinted peut le faire par exemple, mais l’objectif n’est pas de pressurer les artisans. Au contraire, je veux qu’ils puissent vivre correctement de leur travail et surtout je veux montrer que l’artisanat peut être une alternative crédible dans nos habitudes de consommation.

Comment fonctionne concrètement la plateforme ?

Il y a une partie utilisateur et une partie vendeur. Côté client, l’expérience est pensée comme un réseau social, un peu à la Pinterest. On peut suivre des créateurs, s’abonner à leur univers, voir leurs nouveautés. Nous avons aussi une fonctionnalité qui permet de trouver des produits dans un rayon géographique autour de chez soi. Aujourd’hui, 70 % de notre catalogue est dans les Hauts-de-France, mais nous avons déjà des artisans partout en France. Et ce n’est qu’un début puisque nous devrions rapidement dépasser la barre de la centaine de créateurs référencés. Actuellement, 70% du catalogue est concentré dans le Nord de la France, mais l'expansion nationale est en cours. 

Quels sont vos projets pour les prochains mois ? 

Lors de la soirée de lancement de Bereamne, nous avons annoncé notre Tour de France. A partir de mars, nous allons parcourir le pays pour rencontrer nos artisans, filmer leur travail, raconter leurs histoires et tout cela sera diffusé sur le site et nos réseaux sous forme de vidéos immersives. Sur la plateforme, nous allons aussi ajouter la personnalisation des produits, les stories, les posts, pour que chaque créateur puisse vraiment bâtir sa communauté. Et ensuite, mon ambition est de développer le marché de l’expérience en organisant par exemple des ateliers chez les artisans, pour les particuliers comme pour les entreprises. L’objectif n’est pas de faire du business, mais mettre en avant un e-commerce local et authentique. 

Les Rives Créatives, un tremplin

Implantées à Valenciennes, Les Rives Créatives est un incubateur dédié à la création numérique et à l’accompagnement des porteurs de projets innovants. Elles offrent notamment un appui juridique, financier et stratégique aux jeunes entrepreneurs, tout en favorisant les synergies locales. Pour Maxence Mockers, c’est «un environnement clé pour structurer et accélérer le développement de Bereamne».