Six religieux de la communauté du village d'enfants de Riaumont (Pas-de-Calais), poursuivis pour des violences aggravées commises sur des mineurs entre 2007 et 2019, comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Béthune en avril, a indiqué le parquet jeudi.
Ces six hommes, tous prêtres ou frères au sein de cette communauté catholique traditionaliste, seront convoqués dans le cadre d'une audience à juge unique le 14 avril, a précisé le procureur de Béthune Etienne Thieffry dans un communiqué, confirmant des informations de médias locaux.
Mais le ministère public demandera alors "le renvoi du dossier devant une formation collégiale" composée de plusieurs juges, en raison de la "complexité" de l'affaire, a précisé M. Thieffry.
Cette première audience devrait donc être centrée sur la procédure.
Sur le fond, les six hommes, dont l'ancien prieur de la communauté Alain H., sont poursuivis pour "violences sur mineurs de quinze ans n'ayant pas entrainé d'incapacité totale de travail par personne ayant autorité" sur "plus d'une trentaine" d'adolescents scolarisés au village d'enfants de Riaumont.
Les faits auraient été commis entre le 1er janvier 2007 et le 15 janvier 2019.
Les six hommes, présumés innocents, sont placés sous contrôle judiciaire jusqu'à l'audience.
Ils encourent jusqu'à trois ans de prison et 15.000 euros d'amende.
La communauté traditionaliste, qui a démarré dans les années 1960 comme foyer d'accueil pour enfants placés par les services sociaux et a également accueilli des enfants de familles conservatrices, est visée par plusieurs procédures judiciaires.
L'ancien prieur Alain H. avait déjà été condamné à deux ans de prison avec sursis pour consultation de fichiers pédopornographiques. Il a fait appel.
Deux autres encadrants sont par ailleurs mis en examen pour agressions sexuelles. Une autre information judiciaire concerne une affaire de viol.
Et début janvier, l'évêque d'Arras avait annoncé que trois prêtres, déjà mis en examen pour des violences sur mineurs, allaient "faire l'objet d'une enquête canonique".
Contacté fin décembre par l'AFP, Octave Nitkowski, avocat de Riaumont, avait souligné des faits de violence physique sur mineurs "fermement contestés par les mis en cause".