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"Vivre libre": le PS présente son projet pour le XXIe siècle

Le Parti socialiste a présenté mercredi son projet destiné à définir le socialisme du XXIe siècle, qui renvoie la social-démocratie au passé, et se concentre sur la notion de liberté, jusqu'alors préemptée...
Chloé Ridel présente le projet du PS au siège du parti à Paris le 22 avril 2026 © STEPHANE DE SAKUTIN

Chloé Ridel présente le projet du PS au siège du parti à Paris le 22 avril 2026 © STEPHANE DE SAKUTIN

Le Parti socialiste a présenté mercredi son projet destiné à définir le socialisme du XXIe siècle, qui renvoie la social-démocratie au passé, et se concentre sur la notion de liberté, jusqu'alors préemptée par la droite et l'extrême droite. 

Le texte de 144 pages, rédigé sous l'égide de l'eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation "à nous identifier sur le long terme", au-delà de l'élection présidentielle de 2027, a précisé Mme Ridel à la presse. 

Il part du principe que le modèle de la social-démocratie, totem notamment de l'ancien président François Hollande, "a permis des progrès sociaux considérables" mais "n'a jamais pris en compte les limites planétaires, n'a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s'est progressivement fissuré sous l'effet de la mondialisation libérale". Il doit désormais "être dépassé".

Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l'amender, pour un vote avant l'été.

Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d'un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants.

Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs, dont le chef des députés socialistes Boris Vallaud, de ne pas avoir "travaillé" sur le fond. 

"On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu'on peut amender", défend un proche d'Olivier Faure, déplorant les "agitations" des opposants pour mettre le premier secrétaire en minorité.

Le patron socialiste est contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des Ecologistes, qu'il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027.  

Taxe Zucman

Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut "reprendre à la droite et l'extrême droite".

Pour la droite et l'extrême droite, la liberté, "c'est l'absence de règles communes, c'est la fin de l'Etat et des services publics, c'est le règne du tout marché", a détaillé Chloé Ridel.

Pour les socialistes, "pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte", a-t-elle ajouté.

Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de "Nouvelle France" qu'il semble opposer à "une ancienne France", selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt "réconcilier les Français" par "des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie, pour les services publics, pour les transports", a-t-elle égrené.

Parmi les centaines de mesures, non chiffrées à ce stade, le PS veut rehausser le Smic à 1.690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d'euros et créer un "impôt sur les grandes successions".

Il prévoit aussi d'abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par "répartition", avec une durée de cotisation de 43 annuités "réductible en fonction de la pénibilité" et des carrières hachées, et "un âge légal de départ ramené à 62 ans" mais qui ne constituera "pas le critère central du système". 

Concernant l'immigration, autre thème monopolisé par la droite et l'extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois.

En matière de bifurcation écologique, le PS, veut "sortir l'électricité de la logique de marché" et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers "un mix énergétique 100% décarboné en 2050".

Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d'un service public de l'autonomie), l'enfance et l'école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple).

Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose "un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours" sur des filières stratégiques comme "la sidérurgie, l’énergie et la chimie".