Portrait

Voltify bien placé dans la révolution du stockage miniaturisé d’énergie

Le stockage d’énergie des condensateurs évolue. Fini la 2D, place à la 3D, avec Voltify, start-up implantée à Villeneuve-d’Ascq, qui travaille sur des condensateurs qui délivrent une charge en quelques millisecondes dans des data centers ou des téléphones, par exemple. 

Les éléments fabriqués par Voltify sont bien plus petits que des pièces de 1 centimes. © Voltify

Les éléments fabriqués par Voltify sont bien plus petits que des pièces de 1 centimes. © Voltify

Vous avez dit paradoxe ? Les objets technologiques sont de plus en plus puissants, que ce soit les téléphones, les ordinateurs ou les data centers. Pourtant, ce qui stocke et délivre leur énergie à l’intérieur se miniaturise. Ce paradoxe, la start-up implantée à Villeneuve-d’Ascq, Voltify, le connaît bien, puisqu’elle fabrique et conçoit des éléments de stockage d’énergie miniaturisée, tels que des condensateurs. Ces fameux condensateurs que l’on retrouve dans des téléphones, des data centers et même des satellites. 

Faire face aux contraintes énergétiques

La question de la miniaturisation est donc centrale dans ce secteur, puisque les enjeux concernent la souveraineté des États. C’est d’ailleurs sur ce créneau que se positionne l’entreprise nordiste, surtout que «ce marché représente 3 milliards d’euros», précise Maxime Hallot, CEO de Voltify. «Il faut une rupture technologique pour augmenter la surface à stocker», ajoute-t-il, car les data centers sont saturés à cause de l’architecture des condensateurs actuels, qui sont sur un format en 2D. 

Voltify développe un stockage en 3D, qui reprend la même architecture que celle d’un poumon et qui permet «de multiplier par 700 la taille du stockage». De plus, avec cette architecture en 3D, la consommation et la déperdition thermique des data centers est réduite. Un point crucial quand on sait que l’intelligence artificielle a besoin de plus d’infrastructures physiques hardware, ce qui amène énormément de contraintes énergétiques.

Pour l’instant, Voltify est seul sur ce marché de niche, malgré toutefois une concurrence accrue du Japon et de la Corée du Sud. Mais la société du Nord change de dimension par sa capacité de production en Europe, avec une capacité de 3 000 à 10 000 composants par mois. Actuellement, elle a un laboratoire de 550 personnes, dont 80% dans la recherche, et des appareils de pointe au sein de l’IEMN. Voltify se concentre surtout sur deux domaines : le spatial et le médical, particulièrement concernés par la miniaturisation.