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Xiaohongshu, l'application qui chahute le tourisme en Chine

La plateforme, qui pourrait s'introduire en Bourse cette année, est parfois surnommée "l'Instagram chinois". Les utilisateurs y partagent photos, vidéos et livestreams. 

Une utilisatrice de Xiaohongshu se prépare à ouvrir l'application chinoise (en haut à droite) alors qu'elle visite la Cité interdite à Pékin, le 11 juillet 2026 © ADEK BERRY

Une utilisatrice de Xiaohongshu se prépare à ouvrir l'application chinoise (en haut à droite) alors qu'elle visite la Cité interdite à Pékin, le 11 juillet 2026 © ADEK BERRY

Près d'un lac à Pékin, des photographes rivalisent pour attirer les clients, dont de nombreuses femmes en robes traditionnelles qui publieront les clichés sur Xiaohongshu, application chinoise qui bouleverse les pratiques du tourisme dans le pays. La plateforme, qui pourrait s'introduire en Bourse cette année, est parfois surnommée "l'Instagram chinois". Les utilisateurs y partagent photos, vidéos et livestreams. L'application est très utilisée pour découvrir des destinations et planifier ses itinéraires autour de lieux photogéniques. 

Xiaohongshu compte désormais 350 millions d'utilisateurs actifs mensuels. La plateforme a gagné 50 millions d'utilisateurs en l'espace d'un an. L'application a dopé des entreprises peu connues et envoyé des flots de touristes vers des destinations atypiques comme Zibo, calme ville industrielle du Shandong (est), dont les brochettes sont devenues virales. Xiaohongshu est désormais le premier endroit où beaucoup de jeunes voyageurs cherchent l'inspiration, explique Ming Yii Lai, experte de Daxue Consulting.

Réfugiés de TikTok

Inévitablement, les voyages inspirés par Xiaohongshu ont alimenté le surtourisme dans des lieux devenus viraux et entraîné une dépendance excessive de certains commerces à la fréquentation apportée par la plateforme. Les publications sponsorisées d'influenceurs "qui encensent des établissements ou des destinations" suscitent également des plaintes lorsque leurs recommandations déçoivent. 

L'application a connu son heure de gloire à l'international l'an dernier lorsqu'un projet d'interdiction du réseau social TikTok par Washington a poussé des utilisateurs américains, surnommés "réfugiés de TikTok", à se tourner massivement vers RedNote. Xiaohongshu a de nouveau attiré l'attention ces dernières semaines car plusieurs médias, dont le Wall Street Journal, ont rapporté que l'entreprise préparait une demande d'introduction à la Bourse de Hong Kong d'ici fin 2026. Si son coeur de cible reste les jeunes femmes chinoises des grandes villes, selon Qiangua, l'application se déploie désormais peu à peu hors du pays. Elle gagne notamment du terrain auprès des locuteurs du mandarin dans des pays comme la Malaisie et Singapour.