L'ex-ministre de l'Economie Bruno Le Maire a publié dimanche un manifeste d'une soixantaine de pages "pour une autre France", un texte "d'un homme libre" qui veut "lancer le débat sur la France que nous voulons" à l'occasion de la campagne présidentielle à laquelle il n'exclut pas de participer.
Pour l'ancien ministre, en retrait de la politique depuis deux ans, il y a trois priorités: "l'autorité", "la prospérité", "la souveraineté".
Sur l'autorité, "l'État doit restreindre le champ de son action à la sécurité du territoire, à la protection des personnes, à l'Éducation et à la Santé. Tout le reste doit être délégué", juge-t-il.
Sur la prospérité, "nous devons rompre avec cette idée fausse, que nous pourrions travailler moins et gagner plus". Selon lui, "nous payons aujourd’hui les choix faits sur les retraites en 1981. Les 1.000 milliards de dette, qui sont désormais 1.300, et qui seront demain beaucoup plus encore, sont le produit de cet aveuglement".
Sur la souveraineté, comme "le destin de la France et le destin de l’Europe ne font plus qu’un", il plaide pour une fédération d'Etats nations à 6 (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne, Pays-Bas) qui "définira un nombre restreint de politiques publiques sur lesquelles les nations membres décideront de mettre leurs ressources en commun" et "disposera du poids politique pour imposer ses vues" à l'UE.
Dans Le Parisien Dimanche, l'ancien ministre juge "qu'une crise globale des dettes souveraines est possible" avec la remontée en cours des taux d'intérêt.
"Nous avons quelques mois, au plus, pour prendre les décisions nécessaires", avertit-il en prônant la désindexation des pensions de retraite, des aides sociales et du barème de l’impôt sur le revenu.
"Sur le long terme, nous avons besoin de trois décisions : une règle constitutionnelle sur la bonne tenue des comptes, une réforme des retraites avec un âge légal de départ à la retraite à 65 ans et une part de capitalisation, de la souplesse dans le recrutement des fonctionnaires", estime-t-il.
Il propose également "de basculer le financement de notre modèle du travail sur la consommation par une augmentation de 2 à 3 points du taux de TVA". "En contrepartie, les charges salariales baisseront et le salaire net augmentera", écrit-il, se disant favorable à "une augmentation immédiate du Smic".