C'est la véritable star des universités d'été de La France insoumise: le maillot de football LFI floqué "Mélenchon 27" était omniprésent ce week-end à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), signe de la volonté du mouvement de développer sa marque à huit mois de la présidentielle.
Le maillot de foot, bleu à col blanc avec le logo LFI à la place de l'écusson national, est sorti au début de l'été pour accompagner la ferveur de la Coupe du monde.
Surfant sur la mode des maillots de foot, notamment répandus dans les festivals de musique l'été, il s'est depuis vendu à plus de 20.000 exemplaires.
"Quand je le mets, les gens le voient et je n'ai même pas besoin de militer! C'est un peu un message subliminal", témoigne auprès de l'AFP Fabrice Hauet, un adhérent Insoumis de 59 ans venu de Chambéry et qui le portait jeudi au premier jour des universités d'été de LFI, les "Amfis".
"Ça nous fait de la publicité, ça suscite la curiosité de ceux qui le voient dans la rue et ça fait un peu d'argent pour la campagne", explique le député et responsable de la communication de LFI Antoine Léaument, qui a eu l'idée de produire ce maillot avec le coordinateur de LFI Manuel Bompard.
"C'est un vrai outil de campagne. Il touche beaucoup plus les gens qu'une affiche", ajoute-t-il.
Le maillot avait notamment été porté par le musicien Yann Tiersen, un soutien des Insoumis, lors d'un concert cet été.
Fabriqué en Pologne, il est vendu au prix de 25 euros pour un coût de fabrication de 20 euros.
"Le but n'est pas de gagner de l'argent avec, mais cela nous a fait un peu de trésorerie qui est arrivée à point nommé en début de campagne", quand les Insoumis ont enchaîné un meeting à Saint-Denis et l'organisation de concerts pour la Fête de la musique à Paris, reconnaît Antoine Léaument.
Une autre option étudiée était de le fabriquer en France. Mais cela aurait obligé le mouvement de gauche radicale à le vendre 60 euros, un prix jugé trop onéreux.
Un vrai vêtement
Au stand des produits dérivés de La France insoumise, le maillot de foot est, avec le cahier de vacances, le best-seller du week-end. Certains militants essaient même de le faire dédicacer par les cadres du mouvement, ou par Jean-Luc Mélenchon lui-même lors de ses rares apparitions dans les travées des "Amfis" - l'ironie étant que le tribun ne s'intéresse pas au football.
Mais Dino, développeur informatique de 25 ans venu de Villeneuve-d'Ascq (Nord) qui n'a pas souhaité donné son nom de famille, a plutôt acheté, pour 15 euros, une casquette rose, ornée d'une tortue blanche - l'animal totem du quadruple candidat de la gauche radicale à la présidentielle.
"C'est pas juste un goodie, c'est un vrai vêtement qui peut même se porter au travail", dit-il.
"A part le maillot, l'idée c'est que nos produits dérivés soient des objets un peu discrets, que les gens puissent porter pour qu'on engage la discussion avec eux", confirme Antoine Léaument.
"Ce sont nos militants qui veulent des goodies, les demandes viennent directement du terrain", ajoute-t-il.
Le prochain objet que les Insoumis entendent proposer à la vente devrait être une peluche tortue, toujours en clin d'oeil à Jean-Luc Mélenchon.
Le mouvement reprend ainsi des codes de la culture populaire pour parler à la jeunesse, un secteur qu'il considère comme un réservoir de voix en vue de l'élection, pour diffuser des messages politiques.
En plus des goodies officiels de La France insoumise, les Jeunes insoumis vendent aussi leurs propres produits dérivés aux messages parfois un peu plus chocs - comme une gourde qui contient "100% de larmes de fachos".
Le mouvement peut également compter sur les produits dérivés financés par son groupe au Parlement européen, The Left.
Comme le t-shirt "Taxez les riches" distribué par l'eurodéputée Manon Aubry à chaque édition des universités d'été.