25 millions d’euros d’investissement à la fromagerie Gaugry à Brochon
Propriétaire de la fromagerie Gaugry à Brochon depuis 2012, la fromagerie Lincet engage un investissement de 25 millions d’euros pour développer le site et augmenter sa production de Brillat-Savarin IGP. Livraison prévue en juin 2027.
Impossible d’expliquer l’investissement de 25 millions d’euros dont va profiter la fromagerie Gaugry à Brochon sans évoquer la relation qui lie le site à la fromagerie Lincet. Installée dans l’Yonne, la famille Lincet, fromagers depuis six générations, s’est spécialisée notamment dans le Brillat-Savarin IGP et sa recette crémeuse de Délice de Bourgogne.
En 2012, l’entreprise familiale en acquiert une autre, la fromagerie Gaugry, historiquement installée à Brochon et réputée, notamment, pour son Époisses AOP, son Soumaintrain IGP et son Brillat-Savarin IGP. Complémentaires pour leur savoir-faire traditionnel, les deux fromagers ne font désormais plus qu’un. "Nous n’avions pas ce savoir-faire et nous voulions apporter cette diversité des fromages lactiques avec une longue fermentation à notre catalogue" explique Grégoire Lincet à la tête de l’entreprise Lincet avec sa sœur Mathilde depuis 2018.
L’investissement d’une vie
Les deux sites de production arrivent simultanément à une taille critique. Celui de Brochon, le plus petit des deux avec une production annuelle de 200 tonnes de fromage, est à saturation et nécessite un investissement pour augmenter les capacités de production de fromage triple crème. "L’usine Gaugry se situe dans le périmètre IGP du Brillat-Savarin. Elle profite d’une bonne localisation entre la métropole et la campagne, d’une implantation historique et d’une belle dynamique économique locale. Investir à Brochon avait du sens" détaille l'entrepreneur.

En 2023, la famille Lincet dépose le permis de construire d’un bâtiment de 4 500 mètres carrés dont les travaux ont débuté en mars 2025 pour une livraison attendue en juin 2027. "L’objectif est de produire 1 200 tonnes de Brillat-Savarin IGP par an" complète Grégoire Lincet. Alors que l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, cet investissement de 25 millions d'euros représente à la fois l’aboutissement de 40 ans de travail et un engagement sur l’avenir. "C’est l’investissement d’une vie" reconnaît le dirigeant. Pour accompagner cette démarche, une quinzaine d’emplois seront créés pour renforcer l’équipe de 30 salariés du site.
À son échelle
Pendant les travaux, l’usine poursuit la fabrication d’Époisses AOP et de Soumaintrain IGP tandis que la boutique continue de régaler les clients. Plus moderne, l'usine intégrera une ligne robotisée pour éliminer les manutentions physiques bien que de nombreuses étapes soient encore réalisées à la main. "Le procédé fermentaire peut être mécanisé sans altérer la qualité. Notre savoir-faire repose sur la fermentation" insiste Grégoire Lincet.
Lequel rappelle d’ailleurs que son "entreprise est minuscule à l’échelle du marché du fromage français et international. Nous ne pouvons pas avoir un outil moderne extrêmement coûteux, nous investissons quand nous arrivons à flux tendu." Le futur site se dotera également d’une galerie pour accueillir le public et le sensibiliser à toute une filière locale avant de poursuivre par une dégustation. Dans une démarche durable, outre des installations moins énergivores, la future usine stockera les eaux blanches afin qu’elles soient utilisées en épandage et en irrigation par les agriculteurs voisins.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert