Dossier

5,2 milliards d’euros pour le budget primitif 2026 de la Région Hauts-de-France

L’hémicycle régional a adopté le budget primitif 2026 ce 10 avril. Malgré les coupes, la région Hauts-de-France maintient un cap d’investissement.

La région Hauts-de-France a voté ce jeudi et ce vendredi derniersson budget primitif 2026 avec une enveloppe de 5,2 milliards d’euros. Archives - © Aletheia Press / E.Chombart

La région Hauts-de-France a voté ce jeudi et ce vendredi derniersson budget primitif 2026 avec une enveloppe de 5,2 milliards d’euros. Archives - © Aletheia Press / E.Chombart

La région Hauts-de-France a voté pour une enveloppe de 5,2 milliards d’euros (Md€) pour son budget primitif, ce 10 avril. Concrètement, 3,6 Md€ sont consacrés au fonctionnement et un effort d'investissement soutenu de 1,3 Md€ (hors dette) est acté.

Le débat d’orientation budgétaire de février dernier laissait présager un exercice 2026 sous tension en raison d'une dégradation des ratios de désendettement et un effondrement de l’épargne nette. Pourtant, lors de la présentation du budget primitif, le ton a légèrement changé. «On a retrouvé un petit peu d’oxygène», a résumé, l'élu en charge des finances Jean-Pierre Bataille. Il évoque 66 millions d’euros de recettes supplémentaires par rapport aux prévisions initiales.

Les formations et l’apprentissage en baisse

Parmi les recettes qui chutent, la dotation de l'état est amputée de 41 M€. «Ce sont les régions les plus industrielles, les plus pénalisées, car nous avions des produits de compensation de la taxe professionnelle élevée» détaille Jean-Pierre Bataille. L’élu note également une diminution du financement Pacte prévu pour les formations professionnelles de -39 M€, ainsi que -4,3 M€ pour l’apprentissage, et -7,6 M€ au titre du FSE.

Du côté, des dépenses de la Région, certaines sont logiquement revus à la baisse. C'est le cas pour les formations sanitaires et sociales amputées de 25 M€ pour atteindre un budget à 135 M€, tout comme le développement économique qui atteint 34 M€ (-4M€). L’enveloppe solidarité se situe, elle, à 9 M€ (-4M€).

La situation est stable pour la culture (83 M€) et le sport (14,35 M€), dont les budgets sont les mêmes qu'en 2025. Les postes en augmentations concernent les lycées qui se voient attribuer 191 M€ (+8M€). Même choses pour les transports avec quelques nuances : les transports urbains et interurbains ont une enveloppe amputée de 6 M€ pour atteindre 398 M€, tandis que le transport ferroviaire bénéficie de 38 M€ supplémentaires pour un budget de 586 M€. Côté ressources humaines, la Région ajoute 5 M€ portant le budget 459 M€. L’investissement, quant à lui, représente 1,350 Md€ contre 1,232 Md€ en 2025 (+117 M€).

De nouvelles recettes négociées

Pour soutenir sa capacité d’autofinancement, la Région a activé un levier technique : la réintégration des recettes ferroviaires dans son budget, auparavant perçues par la SNCF. Issue de plusieurs années de négociations, cette évolution modifie la présentation comptable des flux — avec une hausse mécanique du budget de fonctionnement — sans augmenter les marges financières réelles. Elle permet en revanche d’optimiser la récupération de TVA, pour un gain estimé à 45 M€ sur deux ans.

Combinée à des recettes supplémentaires et à des ajustements budgétaires, cette optimisation contribue à redresser les indicateurs financiers. La capacité de désendettement, qui atteignait 15 ans lors du débat d’orientation budgétaire, est ramenée à 11,6 ans. L’épargne brute s’établit à 90,7 M€, contre 16,6 M€ initialement prévus.

Pour Aletheia Press, Eléonore Chombart