En bref

À Étinehem-Méricourt, la réserve ornithologique prend forme

Initié dès 2006 sur la commune de Méricourt, le projet de réserve ornithologique s’est progressivement étendu pour atteindre 150 hectares. Une renaturation profitable à la biodiversité, mais aussi à l’attractivité de l’est de la Somme, puisque le site attire de plus en plus de touristes.

Au cœur de la vallée de la Somme, la réserve ornithologique d’Étinehem-Méricourt s’étend sur plus de 150 hectares de marais, d’étangs et de roselières. Un endroit idéal pour la faune sauvage, qui retrouve ici un habitat préservé, restauré après des décennies d’abandon et d’occupation anarchique. Le projet, soutenu par le Département et le Conservatoire d’espaces naturels, dépasse aujourd’hui le seul enjeu écologique. Il a vocation à devenir un atout économique pour tout l’est du territoire.

Une nature encore peu valorisée

«À l’est de la Somme, les touristes viennent principalement pour les lieux de mémoire et le petit train. Nous avons pourtant une belle nature, mais qui est encore peu valorisée», analyse Franck Beauvarlet, vice-président du Département en charge des espaces naturels et de la transition écologique, qui a œuvré pour la création de la réserve. Laquelle pourrait changer la donne. «Cela devient un élément touristique supplémentaire et complémentaire», note l'élu, qui espère, avec les aménagements piétons et cyclistes réalisés sur le chemin de halage, attirer et fidéliser les visiteurs.

La réserve, dont l’aménagement se poursuit encore aujourd’hui, est entrée dans le quotidien des habitants. Le lieu entend également investir le champ de la culture. Elle accueille ainsi une résidence d’artiste pendant trois ans. L’auteur-illustrateur Mathias Friman est chargé d’accompagner la transformation des lieux et d’élaborer un carnet nature issu de son expérience et de ses rencontres.

20 ans pour reconquérir le marais

Mais pour parvenir à ce résultat, une vingtaine d'années ont été nécessaires. Tout débute en 2006, Franck Beauvarlet, alors maire de Méricourt, attend avec impatience l’échéance d’un bail portant sur 40 hectares de marais. Signé en 1966, ce dernier a vu sa vocation agricole largement détournée au profit de l’aménagement d’étangs de loisirs. Dès l’origine, l’élu affiche son ambition : «Redonner à la nature ce que l’homme lui a pris».

Débute alors une importante phase de travaux. «Il a d’abord fallu détruire des cabanes présentes depuis des décennies avant de reprofiler les étangs pour créer une zone de pêche, une zone de chasse à la hutte et une partie dédiée à la réserve, avec des roselières pour les animaux», se souvient l'élu.

Si l’opération nécessite un investissement de 2 millions d’euros, la collectivité est soutenue par l’Europe, la Région et le Département. La fusion avec Étinehem en 2017 change l’échelle du projet, qui prend davantage d’ampleur, devenant un laboratoire pour les communes voisines. Lauréat du Loto de la biodiversité en 2023, le site a également reçu 800 000 euros de la Française des Jeux afin de préserver les tourbières alcalines. Aujourd’hui, le site est confié pour 30 ans au Conservatoire d’espaces naturels qui devra veiller à permettre la cohabitation de la faune et des touristes.