Portrait

À Leulinghem, Fourneo monte en température avec ses flat breads

Installée à Leulinghem, la boulangerie industrielle Fourneo s’est dotée d’un outil de production unique pour fabriquer des flat breads destinés aux marchés de la restauration. Après un démarrage mouvementé, l’entreprise veut désormais accélérer son développement.

«Bienvenue !». Kristof Lefever, président de Fourneo, une boulangerie industrielle installée à Leulinghem, ne boude pas son plaisir ce 11 mars. Face à lui, des entrepreneurs de la Communauté de communes du Pays de Lumbres sont venus découvrir les coulisses de cette entreprise spécialisée dans la fabrication de flat breads, ces pains plats très prisés dans la restauration. «Ici, depuis deux ans maintenant, nous produisons des pinsas, des focaccias et des schiacciatas», explique Kristof Lefever, à la tête d’une société qui emploie 75 salariés. La gamme se décline en plusieurs formats afin de répondre aux besoins du marché de la restauration.

Parmi ses clients figurent de grandes enseignes comme Monoprix, Starbucks, E.Leclerc, Marks & Spencer ou encore Prêt A Manger. L’entreprise exporte aujourd’hui dans une quinzaine de pays, des États-Unis au Royaume-Uni, jusqu’en Corée du Sud.

Une chaîne de production pensée sur mesure

Le processus de fabrication est hautement automatisé. «Il nous a fallu quatre ans pour développer notre chaîne de production. Elle est unique, car nous l’avons entièrement conçue nous-mêmes», poursuit le président de Fourneo. Dans les locaux flambant neufs, la première étape consiste en la fermentation de la biga et des levains, une phase qui peut durer jusqu’à 72 heures. Vient ensuite l’étirement automatisé de la pâte, avant la cuisson dans un four à pierre. «Nous nous sommes inspirés des méthodes de la boulangerie traditionnelle pour la cuisson de nos bases de pain, afin qu’elles soient croustillantes à l’extérieur et aérées à l’intérieur», assure le dirigeant.

Aujourd’hui, une première ligne de production est en activité et produit environ 10 000 tonnes par mois. «Nous utilisons actuellement 40% de la capacité de production de la ligne. Notre objectif est d’atteindre 70 à 80% d’ici 12 à 18 mois», précise encore l'entrepreneur. À terme, l’entreprise dispose encore d’une importante marge de développement sur son site. Le terrain pourrait accueillir jusqu’à huit lignes de production. «Je ne sais pas si nous irons jusque-là, mais lorsqu’on investit, il faut penser sur le long terme. Déplacer des lignes de production vers un site plus grand est compliqué, surtout si l’on veut maintenir l’activité», souligne Kristof Lefever.

Des débuts mouvementés pour un projet de 60 millions d’euros

Au total, près de 60 millions d’euros ont été investis dans ce projet industriel, dont le démarrage n’a pas été de tout repos. «Tous les entrepreneurs le savent : un lancement n’est jamais simple. Nous avons connu un retard dans la construction, puis une flambée des prix de l’énergie. Un incendie s’est également déclaré, nous obligeant à arrêter la production pendant trois mois», énumère Kristof Lefever.

Aujourd’hui soulagé de voir ces difficultés derrière lui, le dirigeant a pris le temps de peaufiner son outil de production. «Comme nous travaillons avec du vivant, les tests réalisés sur notre ligne pilote ne se sont pas révélés concluants à l’échelle industrielle. Pendant 14 mois, nous avons continué à produire afin de trouver les bonnes formulations, avant de pouvoir vendre à notre premier client», explique le président de Fourneo. Hors de question, pour lui, de se lancer sur le marché sans proposer des produits de qualité, élaborés à partir d’ingrédients naturels et d’une farine 100% française.

Présent lors de la visite, Christian Leroy, président de la Communauté de communes du Pays de Lumbres, a salué la détermination de l’entrepreneur. «Engagement, audace, authenticité, équilibre : ce sont toutes ces qualités qu’a dû mobiliser Kristof Lefever pour faire naître Fourneo sur notre territoire», a-t-il souligné, convaincu que l’entreprise continuera à créer de la richesse localement à mesure qu’elle développera son outil industriel.

Pour Aletheia Press, Lolita Péron Vranesic