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A Lyon, feu Gérard Collomb omniprésent dans la campagne électorale

Deux ans après sa mort, la figure de Gérard Collomb, ancien maire et ex-ministre de l'Intérieur, plane sur la campagne à Lyon, tous les candidats - y compris ses rivaux...

L'écologiste Grégory Doucet (d) reçoit l'écharpe de maire des mains du maire sortant et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb (g), le 4 juillet 2020 © JEFF PACHOUD
L'écologiste Grégory Doucet (d) reçoit l'écharpe de maire des mains du maire sortant et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb (g), le 4 juillet 2020 © JEFF PACHOUD

Deux ans après sa mort, la figure de Gérard Collomb, ancien maire et ex-ministre de l'Intérieur, plane sur la campagne à Lyon, tous les candidats - y compris ses rivaux d'hier - s'inscrivant dans son sillage. 

Pendant près de vingt ans, ce socialiste devenu macroniste, décédé en novembre 2023 à 76 ans, a façonné la ville à travers ce qu'il appelait le "modèle lyonnais", un développement urbain mêlant stabilité politique, attractivité économique et grands chantiers.

De ce "maire bâtisseur" salué par le président Emmanuel Macron lors de ses obsèques, les Lyonnais retiennent l'émergence d'un nouveau quartier à la confluence de la Saône et du Rhône ou le vélo en libre-service.

Ces derniers mois, le maire-sortant écologiste Grégory Doucet et son principal adversaire, l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, soutenu par le centre et la droite, ont multiplié les hommages envers l'ancien édile. 

"Gérard Collomb a l'image largement répandue d'un bon maire. Aujourd'hui, tout le monde veut récupérer une partie de cette bonne image", observe Gérard Angel qui a chroniqué pendant 15 ans les "potins" politiques lyonnais dans un journal satirique.

Pourtant, Gérard Collomb est sorti par la petite porte au scrutin de 2020, ses listes ayant été balayées par une vague écologiste inédite, sur fond d'alliance controversée avec la droite entre les deux tours.

Légitimité

Grégory Doucet l'a battu, mais il le qualifie dès son investiture de "grand amoureux de Lyon", et salue un "maire transformateur et humaniste" à son décès. Il inaugure aussi une place et une station de métro à son nom. 

"Il a été un grand maire, il faut le dire, et je lui ai rendu hommage pour cela mais nous n'étions pas toujours d'accord", nuance l'écologiste dans un échange avec l'AFP, revendiquant une "ligne de continuités et de ruptures".

Sa majorité a ainsi repris plusieurs des projets de Gérard Collomb, comme la transformation des quartiers de la Part-Dieu et de La Confluence, avec plus d'arbres et de vélos toutefois. Et elle a dit niet à un projet routier visant à boucler le périphérique lyonnais par l'ouest.

Par ces égards, M. Doucet a cherché "à s'approprier une forme de légitimité", à "contrecarrer le stigmate du militant écologiste déconnecté des réalités", explique à l'AFP Romain Meltz, politologue et chercheur associé à l'ENS de Lyon.

"Quand on est élu, on a une responsabilité de s'appuyer sur ce qui a été fait" par nos prédécesseurs, souligne pour sa part Bruno Bernard, le président écologiste de la Métropole de Lyon, une collectivité façonnée par et pour Gérard Collomb.

"C'est ça l'efficience d'une politique publique", poursuit l'élu, qui préfère le terme de "successeur" à celui "d'héritier".

Intéressée

En face, Jean Michel Aulas, novice politique à 76 ans, revendique pleinement avoir "été très proche de Gérard Collomb".

Patron de l'OL et de la compagnie de logiciels Cegid pendant des décennies, il a beaucoup fréquenté l'ancien maire de Lyon. Leur relation tenait à un "même logiciel sur le rayonnement urbain par l'entreprise", selon M. Meltz.

Les deux hommes ont aussi collaboré pour la construction d'un grand stade à l'est de Lyon, inauguré il y a dix ans, vitrine de l'OL et de la ville à l'international, dans une relation "intéressée", selon Gérard Angel.

Alors quand Jean-Michel Aulas commence à penser à la mairie, il prend le soin de s'afficher avec l'ex-gymnaste Yann Cucherat, ancien adjoint et allié de M. Collomb aux élections de 2020.

"Lyon, c'est Gérard Collomb et son humanisme bâtisseur !", lance-t-il ensuite lors de son premier meeting. Et avec son alliée LR à la Métropole, Véronique Sarselli, il ressort des cartons le projet d'une cinquième ligne de métro, hérité de l'ère Collomb et abandonné par les écologistes.

Pour ceux qui furent proches du Gérard Collomb socialiste, la pilule est dure à avaler. Le conseiller métropolitain Louis Pelaez, qui quittera la politique en mars, a ainsi déploré "toute forme de récupération" du nom du défunt.

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