Il aura fallu 18 ans… Mais cette fois, on en voit le bout. Inauguré en 2008, le pont Flaubert à Rouen va enfin être directement raccordé à la Sud III et donc à l'autoroute A13. Après plusieurs mois de travaux, le chantier, qui a mobilisé jusqu'à 120 personnes par jour en période de pointe, doit être livré en juin. «Nous avons hâte d'inaugurer ce nouveau barreau», a soufflé Charlotte Goujon, maire du Petit-Quevilly, lors de la visite du chantier le 4 mai. «Cela désengorgera les voies secondaires actuellement empruntées en reports de flux. Et cela nous redonnera accès à la Seine».
Long et structurant, le chantier «n'aura pourtant pas été la thrombose que l'on pouvait craindre» a relevé Hervé Morin, président de la Région Normandie, l'un des principaux financeurs de l'ouvrage (25%). Comme les autres responsables politiques, il a pointé la qualité de la coordination du chantier, qui, en prime, semble vouloir aboutir in fine à des économies budgétaires.
Un peu moins de 180 millions d'euros
En effet, initialement doté de 200 millions d'euros, le projet a finalement été réévalué à 180 millions dès 2019. «Il fera encore l'objet d'économies à l'achèvement des travaux», assure la représentation de l'État, premier financeur de l'ouvrage (50 %). Ou plutôt des ouvrages. Car ce sont en réalité trois ouvrages d'art qui se succèdent sur 1,1 kilomètre pour assurer cette connexion à l'A13, en surplombant notamment l'ancien giratoire de Madagascar et la voie ferrée.
300 000 tonnes de grave marine ont été nécessaires pour réaliser les remblais. Puisés à 25 kilomètres au large de l'estuaire, ils ont été transportés par voie fluviale, pour une logistique massifiée. De quoi participer à verdir un chantier que la préfecture présente comme exemplaire en la matière, notamment dans sa préservation du lézard des murailles, naturellement présent sur le site, ou par la mise en place sur les écrans acoustiques transparents de dispositifs anti-collision pour les oiseaux.
Participer à la dynamique rive gauche
Mais surtout, bien sûr, cette connexion doit participer à fluidifier la traverser de l'agglomération rouennaise dans l'axe sud-nord. «On a tout de suite vu la différence quandl'accès nord-sud a été ouvert, a rappelé Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole. On espère que cela fonctionnera de la même manière dans l'autre sens.» La fin du chantier, quelques mois après la mise en service de la ligne TEOR T5, devrait aussi donner un nouvel élan au quartier Flaubert, notamment sur sa partie quevillaise.
Pour Aletheia Press, Benoit Delabre
Hervé Morin : les projets routiers, c'est fini !
Le président de Région, Hervé Morin, a profité de la tribune qui lui était offerte ce 4 mai pour annoncer la fin des engagements budgétaires de la Région Normandie dans les projets routiers. «L'équation budgétaire dans laquelle nous met l'État nous y oblige, a-t-il déploré. Nous devons réduire la voilure». La Région va donc désormais concentrer ses moyens sur la rénovation des réseaux ferrés, trop longtemps laissés à l'abandon et qui, selon l'élu, sont la principale cause de défaillance du trafic ferroviaire. Au-delà de la déclaration, Hervé Morin espère tout de même voir certains projets, comme la RN12 dans l'Orne, menés à bien. Quant au contournement Est de Rouen : «l'État a, de fait, enterré ce projet, mais il ne veut pas l'assumer».