Dossier

ACC Billy-Berclau : la France et la Norvège ré-électrisent la filière des batteries

Deux ministres, l’un français, l’autre norvégienne, ont visité la giga-usine de batteries électriques ACC, ce 24 mars à Billy-Berclau. L’occasion de fédérer toute la filière et de la soutenir politiquement, en cette période cruciale de crise.

Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, et Cecilie Myrseth, son homologue norvégienne responsable du Commerce et de l’Industrie, ont multiplié les sourires et les connivences ce 24 mars à Billy-Berclau, durant leur visite de la giga-usine de batteries électriques ACC (Automotiv Cells Company). Jusqu’à se prendre en autoportrait devant les immenses tours dédiées au traitement électrique des batteries, à l’intérieur de l’entreprise franco-allemande.

Être plus compétitifs

Ils ont ensuite pris part aux deux événements du jour. Il s'agissait, tut d'abord, due lancement de France batterie, une association créée à l’initiative d’une quarantaine d’industriels du secteur et destinée à développer l’ensemble de cette filière pour la rendre plus compétitive à l’échelle européenne. Plusieurs de ses représentants avaient fait le déplacement : des producteurs (Verkor, à Dunkerque dans le Nord), des spécialistes du recyclage des batteries électriques (Battri, à Saint-Laurent-Blangy dans le Pas-de-Calais), ou encore le gestionnaire de l’eau Veolia.

L’autre actualité du jour concernait plus directement les liens entre la France et la Norvège. Les deux pays ont signé un protocole d’entente sur les métaux critiques, qui actualise en même temps leur partenariat industriel. «Nous devons coopérer davantage, c’est pourquoi cet accord est bon pour nous et pour toute l’Europe», s’est félicitée Cecilie Myrseth, «très heureuse» de le signer symboliquement dans «cet endroit où des ouvriers travaillent chaque jour à fabriquer des batteries».

Renforcer l’Europe

De son côté, Sébastien Martin a expliqué : «Cet accord doit notamment améliorer nos capacités à explorer les sols et à déterminer la nature des ressources dont nous disposons». Un objectif d'autant plus important étant donné le contexte géopolitique. «Cette vallée de la batterie électrique doit nous permettre de développer un écosystème apte à fournir à nos concitoyens européens 80% des batteries de leur parc automobile», constate le ministre français.

Une grande ambition, qui reste encore à concrétiser sur le terrain. «La Chine a vingt ans d’avance sur les batteries électriques. Nous sommes là depuis trois ans, mais on s’accroche en faisant mieux chaque jour», confie Yann Vincent, directeur général d’ACC. Toujours à la recherche de son rythme de croisière, la société fondée par Stellantis, Mercedes-Benz et Total n’atteint pas encore ses capacités maximales, à savoir la production de 56 000 cellules par jour et l’équipement de 150 000 véhicules par an. «Nous équipons actuellement 1 500 véhicules par mois. C’est très bien pour notre site, mais ce n’est pas encore assez à l’échelle européenne et pour nos clients, comme Stellantis», concède le dirigeant.

Pas de quoi rétrécir les sourires affichés par les deux ministres, déjà satisfaits de renforcer l’indépendance et la souveraineté de leur continent. «Plus cette industrie comportera de composants européens, mieux elle se portera», a insisté Sébastien Martin. Reste à savoir quand la bascule pourra effectivement s’opérer.

Pour Aletheia Press, Arnaud Stoerkler