Amiens destination durable ! Depuis plusieurs années, Amiens s’inscrit dans une stratégie de «slow tourisme», mettant en valeur son patrimoine historique comme naturel. Un choix payant, puisque la fréquentation des grands sites comme des événements n’a cessé d’augmenter et que le cap des deux nuitées a été franchi en 2025. Autre signe positif : la Métropole a obtenu pour trois ans le label «Destination innovante durable».
Portée par le réseau France Congrès et Événements, cette certification regroupe actuellement une quinzaine de destinations, toutes très engagées en faveur d’un tourisme écoresponsable. «En Hauts-de-France, nous ne sommes que deux — Lille et Amiens — à être labellisées. C’est un vrai élément différenciant qui vient récompenser un réel travail collectif», a souligné Élise Blanchart, responsable du bureau des Congrès de l’Office de tourisme d’Amiens, lors d’une rencontre «Express’OT» organisée fin janvier à Amiens.
Construire un séjour durable
Une approche saluée par Linda Lainé, rédactrice en chef du magazine professionnel L’Écho touristique. «La démarche est cohérente» estime-t-elle, avant de rappeler que le développement du tourisme durable est aujourd’hui une priorité nationale. «La France est toujours la première destination en nombre d’arrivées internationales, mais elle est challengée par l’Espagne, l’Italie… Il va être difficile de conserver cette place. L’idée est donc de pivoter vers le tourisme durable», indique-t-elle. L’objectif affiché du gouvernement est même de faire du pays la première destination de tourisme durable d’ici 2030. Pour cela, l’État entend s’appuyer sur une série d’indicateurs inspirés du bilan carbone.
Un choix similaire à celui de l’Office de tourisme d'Amiens qui vient de développer un calculateur bas carbone en lien avec les professionnels. Cet outil doit permettre aux acteurs du tourisme de mesurer leur engagement en matière de tourisme responsable. «L’un des enjeux majeurs était de faire quelque chose de très simple, mais qui s’appuie sur des données objectives. Il faut indiquer la mobilité des salariés, l’approvisionnement, la gestion des déchets… Une note est ensuite générée de façon automatique», explique Pierre-Yves Hurtevent, directeur de l’Office.
S’investir dans des projets européens
«L’idée est aussi d’être dans une logique d’amélioration continue. Si l’on constate des problématiques communes à plusieurs acteurs, on pourrait engager des actions de formation pour les aider à progresser», ajoute-t-il. Outre la mesure de l’impact carbone des restaurateurs, hôteliers, sites de loisirs ou de culture, le calculateur doit permettre aux visiteurs de composer leur séjour en fonction de ces données. «Les clients les plus engagés seront récompensés par un passe-tourisme de 24 heures. C’est aussi un moyen de les encourager à prolonger leur séjour», indique Pierre-Yves Hurtevent.
Encourager les visiteurs à rester plus longtemps, c’est l’un des objectifs partagés par les neuf partenaires roumains, hongrois, irlandais, lettons, italiens ou encore anglais, parties prenantes du projet européen «Slowdown». «Il est important de s’investir sur la scène européenne, car cela nous aide à renforcer l’attractivité de notre territoire, sa visibilité, mais aussi son rayonnement à l’étranger», souligne Élise Blanchart, qui rappelle que la Métropole fait partie d’Eurocity ainsi que de deux forums, culturel et, bientôt, de développement économique. «Il s’agit aussi de partager des réflexions communes et de travailler ensemble à l’amélioration de nos offres», ajoute-t-elle. En septembre prochain, Amiens accueillera l’ensemble de la délégation, soit environ 40 personnes.