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Arctique: les Etats-Unis poursuivent leur offensive en dépêchant Rubio en Islande

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est arrivé lundi en Islande, où il va poursuivre l'offensive des États-Unis dans l'Arctique...
Un remorqueur navigue au large de Reykjavik, en Islande, le 25 août 2026 © Jonathan NACKSTRAND

Un remorqueur navigue au large de Reykjavik, en Islande, le 25 août 2026 © Jonathan NACKSTRAND

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est arrivé lundi en Islande, où il va poursuivre l'offensive des États-Unis dans l'Arctique après l'accord sur le Groenland.

Son avion a atterri dans l'île de l'Atlantique nord dans la soirée, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Reykjavik, la capitale islandaise, il doit rencontrer des responsables "pour discuter de la coopération dans les domaines de l'économie et de la sécurité", a indiqué le département d'Etat américain.

"Ils sont membres de l'Otan et de bons amis des États-Unis. C'est donc l'occasion de faire escale là-bas et de les rencontrer", a déclaré lundi Marco Rubio, peu avant son départ. "Cela fait suite à une conversation que j'ai eue avec leurs dirigeants lors du sommet de l'Otan en début d'année, ainsi qu'avec leur ministre des Affaires étrangères".

Ce déplacement express, aussi symbolique que politique, intervient dans le sillage de l'accord de sécurité sur le Groenland, signé il y a une dizaine de jours en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

L'accord a mis fin, au moins pour le moment, aux tensions provoquées par les visées insistantes de Donald Trump sur le territoire autonome danois, qui avaient envenimé les relations avec l'Union européenne.

Dans le cadre de cet accord, Washington prévoit d'installer deux nouvelles bases militaires au Groenland, l'ancrant un peu plus dans l'orbite des États-Unis.

Avec la montée des tensions dans l'Arctique, -- dont la côte est située à moins de 300 kilomètres -- l'Islande a retrouvé une importance stratégique de premier plan.

"Le fait que Rubio vienne aujourd'hui à des fins diplomatiques pour mener ce dialogue (sur l'Arctique) avec les responsables islandais est significatif", s'est félicité à la télévision publique RUV Pia Hansson, directrice de l'Institut d'études internationales de l'Université d'Islande.

L'île, dépourvue d'armée, continue de s'en remettre largement aux États-Unis pour assurer sa sécurité, via un accord de défense bilatéral conclu en 1951 et à travers l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Les États-Unis n'y disposent pas de base permanente, mais ils entendent asseoir leur domination sur les voies d'accès à l'Arctique, convoitées par la Russie et la Chine.

Début septembre, le président américain avait néanmoins déclenché une polémique avec une "carte" recouvrant du drapeau des États-Unis toute l'Amérique du Nord, le Mexique, les Caraïbes, le Groenland et l'Islande.

Reykjavik avait réagi en convoquant l'ambassadeur américain "pour lui signifier clairement que cette image était totalement inappropriée".

Les vues de Donald Trump sur le Groenland ont ébranlé quelques certitudes quant à leur relation, sans la remettre en cause.

Le déplacement de M. Rubio intervient aussi après un référendum fin août, où les Islandais ont rejeté par 52,8% contre 47,2% une reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, gelées depuis 2013.

L'allié grec

Après l'Islande, Marco Rubio se rendra à Athènes en milieu de semaine pour participer à un "dialogue stratégique", concernant notamment la sécurité régionale et énergétique, selon le département d'Etat.

"La Grèce est un allié très important des États-Unis", a souligné lundi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio. "Nous y avons non seulement une présence militaire, mais aussi des liens économiques étroits."

Les guerres en Iran et en Ukraine ont mis en exergue la fragilité des voies d'approvisionnement en énergie et la Grèce se positionne pour être un hub clé dans le sud-est de l'Europe, notamment pour le transport de gaz naturel.

Athènes est aussi le berceau de la démocratie occidentale et M. Rubio pourrait vouloir revenir sur son discours prononcé à Munich en février dernier, dans lequel il avait évoqué le déclin de l'Occident, qu'il estimait menacé par une immigration massive.

Par ailleurs, la presse américaine s'est fait l'écho ces derniers jours de possibles conflits d'intérêts impliquant l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, ex-fiancée de Don Jr, le fils du président américain, et ex-épouse du gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom.

Dans une lettre adressée au secrétaire d'Etat, l'élu démocrate Gregory Meeks a demandé des explications sur des informations de presse, relayées notamment par le Wall Street Journal, selon lesquelles elle aurait menacé que les États-Unis pourraient user de leur influence pour faire pression sur les gouvernements en Europe.

Dernière étape de la tournée européenne de M. Rubio : une brève escale à Lisbonne.