Portrait

Au Creusot, une machine innovante au service des industriels

L’Université Bourgogne Europe s’est dotée d’un nouvel outil au service de la recherche et de l'industrie. Investissement de plus de cinq millions d'euros, le projet CALIPHSO vise à donner naissance à un réseau autour de la technologie de la compression isostatique à chaud.

Une véritable petite révolution industrielle se joue au Creusot. L’université Bourgogne Europe, UBE, a inauguré le 4 février un nouveau bâtiment sur le site universitaire du Creusot. Le CALIHPSO se veut un nouvel espace dédié à l’innovation et aux collaborations autour d’une technologie particulière et d’une machine dédiée à la compression isostatique à chaud. Pour accueillir cet équipement, plusieurs partenaires ont débloqué une enveloppe d’environ cinq millions d'euros.

En Saône-et-Loire, trois millions d’euros ont servi à l’acquisition de l’équipement (QIH60) installé au Creusot pour lequel la Région Bourgogne-Franche-Comté, dans le cadre du Contrat métropolitain de la Communauté urbaine Creusot Montceau, a apporté un soutien de 500 000 euros. La Région finance également la construction d’un bâtiment de 250 m² porté par l’Université Bourgogne Europe à hauteur de 600 000 euros. Près d’un million d’euros a été apporté par un cofinancement européen FEDER-FSE+ Bourgogne-Franche-Comté.

Une technologie de pointe

«Cette machine va comprimer des matériaux métalliques en poudre ou sous forme massive mais aussi réaliser des assemblages par un apport de chaleur, 2 000 degrés, et de pression, 2 000 barres de pression d’Argon» tente de vulgariser Frédéric Bernard, responsable du projet et professeur au sein du Laboratoire ICB de l'Université Bourgogne Europe en partenariat avec le CNRS. Cette technologie vise deux applications. La première consiste à boucher les trous, dans des pièces de fonderie par exemple. «La seconde, et c’est là toute l’innovation, concerne la fabrication de composants au plus près des dimensions finales attendues, sans enlever de matière, engendrant donc des économies.»

Grandeur nature

À partir d’un moule, ou capsule, rempli de poudre comprimée, la machine de compression isostatique à chaud, par l’intermédiaire de la chaleur et de la pression, créera un objet compact et dense à la forme souhaitée mais aussi aux propriétés améliorées. «Les objets bénéficieront d’une meilleure résistance en étant plus fins, mais aussi de plus d’homogénéité.» L’équipement se destine aux filières du nucléaire, de la défense, du gaz, de l’énergie plus largement, de l’aéronautique et de l’aérospatial mais aussi du médical.

«Cette machine, la plus grosse d’Europe en laboratoire de recherche, vise à travailler sur le changement d’échelle pour aller de la maquette au prototype.» Avec CALHIPSO et ses grandes dimensions, l’UBE et ses partenaires, tels que le CEA de Grenoble, entendent non seulement poursuivre leurs collaborations avec des équipements complémentaires, mais aussi «rendre cette technologie accessible aux industriels français.» Partenaire du projet de longue date, Framatome pourra, comme d’autres, profiter de la machine d’ici quelques mois, quand elle sera pleinement mise en route.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert