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Avec les Googlebooks, Google s’attaque aux ordinateurs Windows et macOS

Initialement, les Googlebooks, ordinateurs portables sous Android, se voulaient les successeurs des Chromebooks, des machines simples et économiques. Dans la pratique, Google vise ici le haut de gamme sur le terrain de l'IA et des créatifs, en venant concurrencer frontalement les meilleures offres Windows et macOS. Et à un prix élevé.

En 2009, Google fait le constat que la plupart des personnes achetant un ordinateur ne le font que pour un seul usage : accéder à Internet. La société lance alors ChromeOS, un système d’exploitation architecturé autour du navigateur web Google Chrome. Dès 2011, ce système équipe plusieurs ordinateurs portables. La vague des Chromebooks est lancée.

Plus abordables que les PC classiques et plus faciles à utiliser, les Chromebooks se sont fait une place de choix dans le marché de l’éducation, mais également auprès de ceux souhaitant disposer d’une solution simple et fiable pour accéder aux services web au quotidien. En 2020, ChromeOS passe le cap des 10 % de parts de marché, devenant ainsi le second système d’exploitation desktop au monde, derrière Windows, mais devant macOS.

Autant ChromeOS répond parfaitement aux besoins du marché de l’éducation, autant le grand public a rapidement été frustré par ses limites. Même les moins aguerris des utilisateurs disposent aujourd’hui de smartphones, sur lesquels ils peuvent installer des applications et des jeux. Des fonctionnalités de base, que l’on s’attend à retrouver sur un ordinateur portable.

Enfin des ordinateurs Google sous Android !

Conscient de ce problème, Google réfléchit dès 2014 à la possibilité de lancer des applications Android sous ChromeOS. Mais il faudra attendre 2026 pour que Google franchisse le pas, en proposant enfin des ordinateurs portables Android, les Googlebooks.

La firme a vu les choses en grand, avec des configurations de haut de gamme… très onéreuses. Là où les plus abordables des Chromebooks se négocient pour moins de 300 euros TTC, le ticket d’entrée dans le monde des Googlebooks est à plus de 1000 euros. Que ce soit chez Acer, Asus, Dell, HP ou Lenovo, aucun Googlebook n’est aujourd’hui facturé moins de 1099 euros TTC. Certains modèles dépassent même la barre des 2000 euros !

Certes, ces machines sont superbement équipées, avec notamment des processeurs capables de faire tourner des IA, mais la facture reste salée. Google tente de faire passer la pilule en offrant 12 mois d’abonnement à son service Google AI Pro (d’une valeur de 219,99 euros TTC), ainsi que des abonnements à diverses applications, qui intéresseront les créatifs et les joueurs, les deux cibles privilégiées de ces machines de haut de gamme.

Promesse non tenue ?

Les créatifs, joueurs et usagers de l’IA retrouveront leur compte avec ces nouvelles machines, dont le prix reste finalement mesuré au regard des centaines d’euros qu’ils dépensent chaque année pour des outils comme Google AI, Adobe Photoshop, CapCut ou encore GeForce Now. Le pari fait par Google semble un peu fou, mais, pour une génération d’utilisateurs plus habitués aux smartphones qu’aux laptops, cette offre a du sens. Rappelons par ailleurs qu’Android reste le système d’exploitation le plus utilisé au monde, avec une logithèque comptant plus de 2 millions de titres.

Lors du lancement des Googlebooks, les dirigeants de Google ont tenu à clarifier leur positionnement : les Googlebooks se veulent des machines ‘premium’, plus puissantes que les smartphones et tablettes, mais aussi plus performantes que la plupart des ordinateurs portables classiques. Ils ne vont donc pas remplacer les Chromebooks, qui continueront à être commercialisés, douchant ainsi les attentes des utilisateurs qui espéraient l’arrivée d’ordinateurs portables Android économiques. Un acte manqué.