Sur le littoral picard, la saison estivale ne s'improvise pas. Les commerçants approvisionnent leurs stocks, étoffent leurs équipes et anticipent l'afflux de vacanciers qui, chaque année, transforme l'économie du territoire. Sur le territoire de la Baie de Somme – Picardie Maritime, le tourisme génère 410 millions d'euros de retombées économiques et représente 2 357 emplois, soit 26% de l'emploi local selon Somme Tourisme. Un poids qui explique l'intensité de la course au recrutement dans un secteur confronté à une pénurie chronique de main-d'œuvre.
Anticiper pour ne pas subir
À Fort-Mahon, Ségolène Lecouffe dirige l'emblématique magasin de souvenirs et d'articles de plage Le Vent du Large. «J'ai repris la boutique il y a quatre mois, mais cela fait huit ans que j'y travaille. Cet été va être un véritable test pour voir si ce pari est viable sur le long terme», explique-t-elle. Pour elle, la préparation commence bien avant la belle saison. «À partir de février, on commence à approvisionner la marchandise pour l'été. Il faut étiqueter les articles, préparer les présentoirs et recruter le personnel» détaille la commerçante.
À Saint-Valery-sur-Somme, à La Baie des Gourmets, magasin de souvenirs et de produits locaux, la haute saison constitue également une période clé. «Nous sommes ouverts toute l'année et nous avons une base de clients locaux, mais l'été, nous observons naturellement un pic d'activité», note Pauline Jarry, alternante en master communication, en poste depuis septembre dernier.
Une affluence qui demande une attention particulière aux approvisionnements, notamment pour les produits les plus prisés. «La salicorne est le produit que nous vendons le plus. Il y a aussi un véritable engouement pour la Slikke, une bière blonde typique de la Baie de Somme que l'on ne trouve qu'ici», ajoute Pauline Jarry. Au Vent du Large, si les pelles et les seaux sont les stars de la haute saison, les touristes repartent presque tous avec une peluche représentant un phoque.
Recrutement sur motivation
«Nous avons beaucoup d'habitués, c'est très familial», sourit Ségolène Lecouffe, qui a recruté deux personnes cette année afin d'assurer une ouverture quotidienne. «En plus de Marine, un autre saisonnier qui travaillait déjà avec nous l'an dernier revient cet été. C'est précieux, car nous rencontrons des difficultés à recruter», précise-t-elle. Même logique du côté du camping Le Château des Tilleuls, à Port-le-Grand, où Ingrid Duporge accueille une dizaine de renforts. «Nous avons quelques étudiants que nous reprenons plusieurs étés de suite», explique-t-elle.
Si l'expérience n'est pas un prérequis, un profil type se dessine. «Un bon saisonnier, c'est une personne souriante, qui n'a pas peur de courir un peu et qui est curieuse», résume Ségolène Lecouffe. Un avis partagé par Ingrid Duporge, pour qui l'adaptabilité prime. «La motivation est ce qui fait un bon saisonnier. Il faut aussi pouvoir jongler entre les postes et s'adapter à des clientèles différentes» souligne-t-elle. Une première expérience qui peut déboucher sur des perspectives plus durables. «Nous avons pas mal de saisonniers qui sont ensuite devenus responsables. C'est un premier pas qui peut ouvrir de réelles opportunités», indique la repreneuse du Vent du Large, qui envisage déjà de recruter à l'année si l'essai de cet été s'avère concluant.