Birdie, pour Thomas George et Gauthier Boidin, «c’est le petit oiseau migrateur qui va chercher toutes les botaniques du monde». Et les ramène au nouveau nid de la distillerie, un atelier cédé par le célèbre fabricant de carrelages Winkelmans, dans la rue éponyme à Lomme. Les locaux sont imposants – 1 500 m2 –, et refaits à neuf dans un univers où l’art déco chiné côtoie d’immenses murs industriels repeints en bleu canard, avec en toile de fond un monumental alambic qui à lui seul vaut le détour.
Ouverte en 2019, la petite entreprise – huit personnes –, cartonne (+25% par an, un million d’euros de chiffre d’affaires) auprès des cavistes indépendants, mais aussi des amateurs, particuliers ou professionnels venus, via la «Gin School», nous explique Thomas, s’offrir une visite et fabriquer sur-mesure leur boisson autour d’un joli bar paré d’une dizaine d’alambics individuels.
Deux amis
Ce dernier, 40 ans, diplômé d’une école de commerce, et son acolyte Gauthier Boidin, 36 ans, ingénieur, se sont rencontrés alors qu’ils travaillaient dans une start-up d’EuraTechnologies à Lille. «Rien à voir avec le monde du spiritueux !», même si ce dernier les passionne, en particulier le whisky, relate Thomas George. Pour cette start-up, ils voyagent beaucoup, découvrant de nouvelles saveurs végétales, et se lancent.
Une tendance gin se développe, surtout en Belgique, où ils réalisent 40% de leurs ventes. La boisson séduit autant les hommes que les femmes, dans une tranche d'âge assez large, de 30 à 55 ans. L’idée de l’atelier, et désormais de la visite de la distillerie, est un axe de développement qui les anime visiblement, même si «le nerf de la guerre, c’est le commerce» auprès des cavistes, dans un secteur ultra concurrentiel. A l’aide de leurs cinq commerciaux aux quatre coins de la France, les deux amis se sont battus pour se faire une place, et ont même signé avec la grande distribution, via une nouvelle marque dont le nom de baptême est encore gardée secrète. Bref, Birdie parle aux gens.
Alchimie végétale
Il faut dire que loin des classiques London dry, la marque propose une gamme de gins atypiques, avec des plantes issues des quatre coins du monde. «Chacun de nos gins a une botanique dominante autour de laquelle d’autres végétaux apportent des subtilités. Ce spiritueux se consommant presque exclusivement avec du tonic, nous produisons des gins aromatiquement puissants pour conserver un maximum de saveurs».
Les origines sont pour le reste contrôlées et locales, l’atelier travaillant avec un alcool de blé de l’Aisne, fabricant ses bouteilles dans l’Oise et produisant «par petits lots de 400 bouteilles». Des flacons qui font tout le charme de Birdie, qui n’hésite pas à bousculer les codes avec des éditions limitées, sous l’égide d’artistes street-art comme Mos Art (voir photo) ou Swank, à découvrir en parallèle des quatre grandes gammes de la maison : Crispa et l’univers des forêts boréales canadiennes (baies des dunes, verveine et zeste de citron jaune), la japonisante Shiso (fleur d’hibiscus baies de genévrier, feuilles de shiso, citronnelle, coriandre, baies de Tasmanie), Timut (baies de genévrier, poivre de Timut, rose, menthe poivrée, coriandre, cardamome) et la Réunionnaise Kaffir et son combava, petit citron vert typique de l’île, lié au poivre de Java, à la coriandre, la marjolaine, la cardamome et les amandes… âmes non-poétiques s’abstenir !
* L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Consommer avec modération.
Les quatre stars signées Birdie
Crispa. Un hommage aux forêts boréales canadiennes. L’ouverture est marquée par la fraîcheur citronnée de la baie de verveine et du zeste de citron jaune.
Shiso. Utilisée dans la cuisine traditionnelle japonaise, la feuille de shiso est une plante aromatique au parfum unique…
Timut. Un «contemporary gin» unique en son genre, au poivre de Timut, à la rose, la menthe, la coriandre et la cardamome.
Kaffir est un hommage à l’île de la Réunion. Le combava, petit citron vert, est à l’honneur dans ce London dry gin.